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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Communiqués nationaux

Vive la CommuneDiscours  pour le 1er mai 2014

 

Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée a toujours été partie prenante du mouvement ouvrier et démocratique. C’est donc tout naturellement qu’elle est présente au Mur des Fédérés de la Commune de Paris tous les 1er mai.

 

Tous les 1er mai, sauf, bien sûr, pendant les années sombres de l’occupation nazie où, à l’instar des syndicats ouvriers, elle fut interdite par les réactionnaires du Régime de Vichy.

 

Dans la nuit noire du totalitarisme, beaucoup des nôtres furent fusillés. C’est une constante des dictatures, on fusille à tout va.

 

Chacun connaît le combat tenace de la Libre Pensée pour la réhabilitation des 650 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale, combat mené avec une force exemplaire par notre Président Marc Blondel qui nous a quitté par ce triste dimanche du 16 mars 2014. Ce rassemblement est aussi un hommage que nous lui devions.

 

Les exécutions sommaires, les fusillades pour l’exemple ne sont, malheureusement, pas l’apanage de la Première Guerre mondiale. Lors de la Commune de Paris, la barbarie joua aussi à plein.

 

Le colonel Louis Rossel, seul officier supérieur à s’être engagé dans la Commune, fut fusillé pour l’exemple par les sbires de Thiers. Il avait prédit un peu avant son exécution : " Si, avant peu, vous n’avez pas refait l’armée, c’est l’armée qui défera la République. »

 

Voici ce qu’il déclara ensuite : « Quelle faute à ceux qui me tueront ! Une fois mort, je suis inattaquable. La mort est mon triomphe ; j’ai rompu ce lien trompeur qui attache le soldat à ses chefs même traîtres et  infâmes. J’ai prouvé qu’on pouvait briser ce joug avec honneur. Si  des officiers courageux et patriotes se courbaient devant des exigences indignes, acceptaient la fuite, la capitulation, la guerre civile envers et contre tous, ce n’était pas par crainte de  la mort, mais par crainte du déshonneur. Vous n’avez plus désormais  cette ressource : j’aurai appris à tous qu’il y a des jours où un  soldat discipliné et fidèle doit désobéir et peut désobéir sans se  dégrader. »

 

Son exécution fut parfaitement illégale. Mais, aux dires de Thiers : « il fallait bien faire un exemple ». Alors que Louis Rossel était colonel, il refusa la Légion d’Honneur… Il faut dire qu’il ne voulait pas être en mauvaise compagnie. Voici ce qu’il pensait des hauts gradés de l’État-Major, " Cette vaste association d’incapables qui occupe les grades élevés." "À Metz, je n’ai pas tardé à reconnaître l’incapacité absolue de nos chefs, généraux et états-majors, incapacité sans remède, confessée par toute l’armée, et, comme j’ai l’habitude de pousser les déductions jusqu’au bout, je rêvais, avant même la bataille du 14 août, aux moyens d’expulser toute cette clique. »

 

C’était un républicain jusqu’au bout de son être et aussi protestant libéral. Voici encore deux citations pour illustrer le personnage :

 

  • 1      "Lorsque la bourgeoisie instruite a fait la Révolution de 1789, elle ne l’a pas faite toute seule. Elle a appelé le paysan pour brûler les châteaux et l’ouvrier pour abattre les bastilles. L’ouvrier a fait sa besogne : aujourd’hui il réclame son salaire. Complices de la Révolution, partagez-en avec eux le bénéfice."                                                                                                                                  
  • 2    Qu’ont fait les classes gouvernantes de la société française en faveur des pauvres ? Qu’ont-elles fait pour rendre les impôts moins lourds à ceux qui gagnent moins, pour faire la part à peu près égale à tout le monde dans l’immense développement de la richesse publique ? »

 

Poser la question, c’était y répondre.

 

Il fut fusillé pour l’exemple. Puis ensuite, des dizaines et des dizaines furent exécutés à l’endroit où nous sommes lors de la Semaine sanglante.

 

Des années plus tard, le grand Jaurès fut lui aussi exécuté pour l’exemple pour ouvrir la voie à la boucherie impérialiste qui fit plus de 10 millions de morts en 1914-1918.

 

Il fallait aux impérialistes, aux réactionnaires, aux cléricaux marcher sur le cadavre de Jean Jaurès pour déclencher le grand massacre.

 

Mais comme le disait Victor Hugo à propos de la Commune de Paris : « Le cadavre était à terre, mais l’idée était toujours debout ». C’est ce que signifie notre présence commune ici aujourd’hui.

 

Comment ne pas citer la Complainte du Fusillé de  Jacques Prévert : " Ils m’ont tiré au mauvais sort, par pitié. J'étais mauvaise cible. Le ciel était si bleu. Ils ont levés les yeux en invoquant leur dieu. Et celui qui s'est approché seul, sans se hâter, tout comme eux, à la grâce des morts, à la grâce de dieu. Ils m'ont tiré au mauvais sort, par les pieds et m'ont jeté dans la charrette des morts, des morts tirés des rangs, des rangs de leur vivant, numérotés, leur vivant hostile à la mort. Et je suis près d’eux, vivant encore un peu, tuant le temps de mon mal, tuant le temps de mon mieux "

 

 

Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,

 

Le 2 avril 1871, la Commune de Paris décidera de la deuxième Séparation des Églises et de l’État et aussi de la laïcité de l’École publique. Dans un vaste mouvement de laïcisation, elle fit décrocher les crucifix des locaux scolaires, laïcisa le personnel de l’enseignement,  les programmes scolaires et, dans le même temps, elle supprima le Budget des Cultes.

 

La Laïcité, c’est l’émancipation de l’Humanité. La Commune de Paris entreprit de mettre en œuvre tout un dispositif de droits sociaux comme jamais aucun peuple dans l’Histoire n’avait osé le faire.

 

L’Égalité sociale n’était plus un rêve, elle devenait la réalité. La Liberté était à chaque acte, la Fraternité visible à tout moment. La Démocratie était présente dans toutes les réunions. Et ce, parce que la Laïcité, la pleine et absolue liberté de conscience, coulait dans le sang de la Commune et des Communards.

 

Les prolétaires sont montés à l’assaut du ciel

et n’ont jamais voulu en redescendre

 

La Commune de Paris est un acte historique. Elle vit dans la conscience de l’Humanité. La mémoire de la Commune de Paris de 1871 a soulevé les peuples sur tous les continents et à toutes les époques. De Petrograd à Shanghai, de Berlin à Varsovie, de Paris à Barcelone, partout où l’injustice a soulevé la révolte, c’est dans l’esprit  de la Commune de Paris que les peuples sont entrés en révolution.

 

Par le grand combat de la démocratie ouvrière et républicaine, en 1880, au nom des idéaux de la Révolution française, fut votée la grande loi d’amnistie des Communards en 1880. L’amnistie valait réhabilitation aux yeux du monde. Les proscrits sont rentrés, et Louise Michel en fut une des figures les plus glorieuses.

 

Dès lors, les Communards reprirent leur place dans la mêlée sociale et l’Histoire pour participer à l’émancipation du prolétariat. Ils furent de tous les combats démocratiques, sociaux, républicains et laïques. On les retrouvera aux avant-postes de la bataille historique pour le vote de la loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905.

 

C’était le temps où  chaque militant ouvrier digne de ce nom était adhérent de la Libre Pensée, du syndicat ouvrier alors incarné par la vieille CGT et membre du Parti ouvrier. Dans le même mouvement historique, ils réunifiaient le mouvement socialiste dans le Parti Socialiste-SFIO en 1905, adoptaient la loi de Séparation des Églises et de l’État le 9 décembre 1905 et proclamaient la Charte d’Amiens en 1906 qui édifiait un « mur de séparation » pour libérer le syndicalisme des influences politiciennes extérieures, notamment gouvernementales,  et lui permettre de défendre les droits ouvriers en toute indépendance et par ses propres moyens.

 

C’est cette tradition que nous honorons aujourd’hui au Père Lachaise.

 

La Commune de Paris est vivante

 

Poursuivre le combat de la Commune et des Communards, c’est lutter sans trêve ni repos, avec force et vigueur, pour le rétablissement de la démocratie contre la décentralisation assassine de la République et de l’égalité des droits.

 

C’est combattre contre la ratification de la Charte européenne des langues régionales qui voudrait nous ramener à l’Ancien-Régime et aux anciennes provinces où il n’y avait que des serfs à la place des citoyens travailleurs et où les droits n’existaient pas. C’était un temps où les individus étaient attachés à leur « territoire » et à leurs « seigneurs » par leur patois comme une chèvre à un piquet.

 

Poursuivre le combat de la Commune de Paris, c’est œuvrer inlassablement pour l’égalité des droits. C’est ce que nous dirons le 10 mai à la Bourse du travail pour défendre l’unité indivisible de la démocratie et de la classe ouvrière.

 

C’est combattre pour le rétablissement de la laïcité et de la loi de 1905 qui passe par l’abrogation du Concordat d’Alsace-Moselle, de la loi Debré et de toutes les lois antilaïques. Il n’y a qu’un seul combat qui vaille : « Fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée ».

 

C’est le combat indispensable  pour obtenir une réelle Égalité des droits entre tous les citoyens de ce pays, quels que soient leur sexe, leur origine, leur ethnie, dans toutes les matières civiles et sociales.

 

C’est combattre pour défendre la démocratie des communes contre la supranationalité mise en œuvre par la Commission européenne. C’est dire NON à l’Union européenne.

 

On n’a pas fini d’entendre dans toute l’Europe le vieux mot d’ordre des combattants de la liberté et de l’émancipation humaine :

 

Ni dieu ! Ni maitre ! A bas la Calotte ! Et vive la Sociale !

 

 

Je vous remercie.

 Christian Eyschen, vice-Président de la Libre Pensée

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