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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Tribune libre

 

Le mécénat populaire,

Alias mécénat citoyen

 

«  Alors, lui demandai-je à son retour d’escapade, avez-vous mis vos congés d’été à profit pour rencontrer votre cousine, de Jacques La Fouge la taupe copine ? »

Pour être limousine de mon jardin, la mienne n’en est pas moins une taupe voyageuse et je crois bien avoir retenu qu’elle était de mariage à cette occasion.

« Très certainement, mais vous savez que nous n’étions pas seules, c’était une vraie réunion de la gens souterraine et je craignais un peu d’être prise pour une pauvre et ignorante taupe des campagnes !

« Je vous connais trop bien pour penser que vous vous soyez laissée intimider à ce point. Les terres limousines sont chargées de références depuis la marquise de Pompadour.

« Oh que oui ! J’ai même eu un beau succès  lorsque j’ai montré que notre beau terroir campagnard de Corrèze avait donné deux présidents à notre Vème République. Certaines taupes m’ont même applaudie à grand bruit et complimentée sur notre sagesse, un coup à gauche, un coup à droite, notre région serait la reine du bon sens.

« Ah, je suis vraiment heureux de voir que vous avez bien défendu la réputation de notre beau département. Toutefois, si l’argument des deux présidents est aimable, il n’est pas certain que ce soit là ce que la Corrèze ait fait de mieux pour notre pays ; il est même beaucoup d’électeurs qui n’arrivent pas à voir une véritable différence dans leur politique.

« Je vous le concède d’autant plus que pour mon propre goût, je préfère de loin notre « Grand », le maquisard Guingoin qui fut beaucoup moins collet monté et qui vint s’enterrer avec nous pour cacher son maquis. Mais que croyez-vous donc ? Pour les présidents, nous avons bien entendu parlé aussi de cette confusion des genres. Au bout d’un moment nous ne savions plus non plus où était la droite de la gauche et la gauche de la droite.

« Toutes les discussions furent consacrées à ce débat ?

«Vous vous doutez que non, bien entendu. Dans la soirée j’ai encore connu un bon succès d’audience en exposant comment notre Corrèze demeurait un vrai laboratoire expérimental de pointe pour la grande famille recomposée des nouvelles laïcités. J’ai même réussi à faire  une petite animation très « question pour un champion », ce qui a motivé bien des interrogations et des étonnements. J’ai demandé à chacun de cet aéropage familial de faire part de son expérience en matière de « mécénat populaire » alias « mécénat citoyen » ? Nous avons tous bien ri, car tout le monde a séché comme peau de taupe au soleil.

« Soit, mais votre fierté reste usurpée lui objectai-je, vous avez posé une question déloyale car sans aucun sens. Le mécène est un personnage outrancièrement riche au point de pouvoir faire des largesses selon son caprice, ce qui est impossible au peuple. Le peuple véritable subit la crise mondiale des banques, de plein fouet. Il jongle de son mieux avec ses pauvres finances pour terminer le mois quand il ne court pas derrière un emploi. Le seul mécénat que puisse consentir le peuple c’est l’argent que lui escroquent les banques et les incessantes augmentations d’impôts conjuguées à l’interminable régression des acquis sociaux. »

Elle m’éclate de rire au nez et me brocarde ouvertement. Pour une taupe corrézienne, elle est très désagréablement moqueuse, comme sa cousine et toutes les taupes du monde. Elles ont vraiment un air de famille.

« Dites, jeune ignorant. Vous semblez négliger que notre belle région de Corrèze est un creuset de recherche sociale. Aucun nouveau concept ne saurait effrayer nos prolifiques édiles qui s’ingénient à garder un temps d’avance. Comme vous redevenez corréziens aux beaux jours et que vous habitez au bout de mes tunnels, je vais éclairer votre lanterne : Le mécénat populaire est une pure trouvaille limousine. Il s’agit d’un mécénat participatif auquel s’associe étroitement le conseil départemental de Corrèze pour accorder des aides financières à des projets bizarroïdes dont il n’est pas évident qu’ils devraient être aidés par la manne publique. Ceci fait que ce « mécénat » venant des impôts peut bénéficier à ceux qui n’y avaient pas forcément droit puisqu’il est indirectement versé.

« Je ne suis pas certain de parfaitement comprendre, commentai-je. Cela aurait-il à voir avec la néo-laïcité qui s’ingénie à faire verser des subventions à des organismes qui en sont exclus par la loi de 1905 ?

Cette taupe est moqueuse, mais c’est une vraie taupe magnanime des campagnes ;

« Ah ! Vous voyez maintenant plus loin que le bout de nez de vos définitions. Votre perspicacité étant en éveil, je me sens de vous fournir deux simples exemples issus l’un de Pompadour, cité du cheval et de la belle marquise, l’autre de la Croisille sur Briance là ou Guingoin fit exploser les batteuses à la barbe de l’occupant. Là se sont montés comme en de très nombreux autres lieux de notre région de multiples « projets ». Certains n’ont vraiment aucune raison de figurer au budget des collectivités publiques que les « projeteurs » sollicitent néanmoins. Ils sont alors aiguillés sur un organisme intermédiaire qui est aidé de façon globale par le conseil général. L’organisme en question pratique le « Mécénat populaire », forme évoluée du dicton « aide-toi toi-même ». Il intervient alors sur le même projet reformulé, comme pseudo mécène, sous couvert de sauvegarde du patrimoine ou motif ronflant analogue … donc avec les sous des citoyens. Le mécénat populaire ne va donc pas intervenir directement sur le projet, il va aider le « citoyen » à réaliser SON projet qui n’apparaît plus comme directement subventionné puisqu’il est mélangé à d’autres opérations plus avouables et l’on touche ainsi indirectement des sous auxquels on n’avait pas droit par subventionnement direct.

Passez muscade. Ici les collégiens peuvent faire officiellement la manche pour financer un voyage touristique déguisé en immersion linguistique de motivation « scolaire » et l’on se demande alors pourquoi il n’est pas pris en charge par l’école. Un peu plus loin on va procéder discrètement au soutien pour une opération cultuelle. Si j’avais comme vous un petit ordinateur portable j’écrirais « Le mécène malgré lui » pour votre journal « La Raison ».

« Excellente suggestion mon amie, lui rétorquai-je. Je crains toutefois de ne pas avoir le talent de Jean Baptiste Poquelin pour la suivre à la lettre ; mais comptez sur moi pour un petit billet d’humeur auprès des Libres Penseurs des Alpes Maritimes et de votre cousine !

 

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Un bon œcuméniste catholique :

Nice-Matin.

(Par Christian JOLY – septembre 2013).

Que personne ne s’effraie, il ne s’agit pas ici de lancer un débat de fond sur la laïcité au sein des entreprises, la liberté de la presse est une bien trop grande conquête pour qu’il y soit touché d’un iota. Que non ! Comme toute la presse Nice Matin développe la ligne éditoriale de son choix et défend la religion qui lui agrée ; j’ai de mon côté l’arme absolue du citoyen, c’est une presse que je n’achète pas.

Il sera objecté que Nice Matin n’est quand même pas un journal comme les autres puisqu’il s’est frayé le chemin pour conquérir une place de quasi-monopole sur les Alpes Maritimes. D’autre part, en flagrant délit de trust sur presque toute la région PACA, il en prend à son aise avec l’éthique de  la « Concurrence loyale et non faussée » et développe une double ligne de journal d’opinion qui chevauche quotidiennement la ligne de celle de l’unique journal d’information régional. Il y a toujours dans cette presse suffisamment de « nouvelles » pour sa crédibilité d’informateur, pour autant  il y a toujours suffisamment de « traitement partisan de l’info » pour suivre sa mission œcuménique latente et pour son patient travail de conditionnement de l’opinion. Pour des raisons d’ordres divers il arrive bien entendu que les citoyens aient besoin de tel ou tel article ; ils subissent alors  le dictat de la presse unique et sont obligés à leur corps défendant de se procurer tel ou tel numéro comme il vient de m’advenir pour les Jeux de la Francophonie. Pour ce qui concerne votre serviteur, je fus en quarante ans de très nombreuses fois en situation obligée de coopération avec ce journal quant-aux faits sportifs dans lesquels j’étais investi. Cela m’a donné bien des occasions de constater la bien étrange conception que cette presse nourrit relativement au « droit de réponse » …

Hors de propos par conséquent d’infliger ici aux non volontaires la lecture de Nice-Matin dont l’orientation n’est vraiment pas nouvelle. A la lecture des numéros qui m’étaient nécessaires j’ai toutefois été estomaqué par l’amplification de la ligne œcuménique de cette presse, lecture qui m’a incité à rédiger les présentes lignes pour signaler cette très nette inflexion. Il ne s’agit en aucune façon d’une « révélation » mais d’un constat portant sur un durcissement de la ligne politique de cette presse d’opinion qui semble suivre l’inflexion impulsée par la nouvelle papauté.

L’observation proposée porte sur ce fait : chaque fois que l’actualité le permet, il y a une abondance d’articles présentés comme des faits de société alors qu’il s’agit de faits religieux auxquels il est donné une publicité manifeste et souvent hors de propos. Mais encore, il ne s’agit pas des simples « doses homéopathiques » habituelles,  il s’agit d’une véritable cure de vaccins avec rappels  et contre rappels. Si les « Petites annonces » les pages de remplissage et les pages sportives sont un peu épargnées, le matraquage religieux occupe souvent ailleurs une place de choix dans la plupart des pages avec parfois plusieurs sujets religieux dans une même page ! Photos ? Oui, bien entendu ! BELLES photos même ; accompagnés de commentaires orientés, voire  prosélytes.

Cette observation porte sur deux numéros qui m’étaient nécessaires (mardi 10 et mercredi 11 septembre 2013) et pour ne pas lasser le seul numéro du mardi sera décortiqué.

Dès la UNE Bouvard nous glisse un petit coup humoristique bien gentillet de Saint à propos de Petrograd devenue Leningrad. S’il a pour lui le référendum de 1991 afin de rendre son coup régulier, c’est bien SAINT Petersbourg qui n’a rien à voir dans son billet. Mais bravo quand même au bon Philippe ; c’est un vrai pro et il sait servir son maître ! Un petit coup de goupillon gratuit fait rarement du mal à celui qui le donne.

On peut maintenant passer aux choses sérieuses, mais non sans noter que Nice Matin possède un art consommé pour bien utiliser la topographie locale qui colle des noms de Saint partout, de façon envahissante, notamment sur les écoles laïques.

En page 11 sur ½ page / Article avec photo : « ENSEMBLE 2 GENERATIONS » sous-titré «  La solidarité seniors-étudiants ». Une association ‘animée bénévolement’, mais aussi par le père Giordan, rattachée au groupe Saint Vincent de Paul et à ses locaux, agit dans le sens du titre en étant « basée sur les fondements catholiques de l’amour » … conduit une action caritative d’échanges « qui a séduit la Ministre Déléguée aux personnes âgées » !

Mais que faisait donc là cette Ministre de la République laïque ?

En page 12 sur ¼ de page / Avec photo « LES SCOUTS EN ORDRE DE MARCHE ». Ce sont les scouts de Nice centre basés à l’église Saint Barthélémy. Aucune ambiguïté et Clélie Mercier  dit là très clairement : « On est catholique, mais on est une grande famille ».

Bonne pub.

En page 14 sur ½ page  / Avec photo, mais pas le goupillon déguisé, le sabre soft ! Les flics à vélo porte-paroles à la fois du VTT, du sport et de la jeunesse.

Mais que fait la police ?

En page 15 sur ¾ de pages / Avec 3 photos de curé et de messe, c’est à Roquebillière, « Le père Frédéric Appriano installé dans sa nouvelle paroisse ». La vie du département va vraiment être bouleversée et on pourra vraiment estimer que Monsieur Eric CIOTTI se devait de représenter la république en pareille situation urgente.
Rassurez-vous ; il y était.

En page16 sur ¼ de page / Avec photo. « L’aigle de Nice s’est posé aux galeries du PRESBYTERE ». Bon ! C’est de l’art, cela ne mange pas de pain, c’et pour tenir la main chaude.

En page 17 sur ¼ de page / Avec photo de l’acte religieux de Blausasc : « Fête de la madone du Terron », sous-titré « La pluie n’a pas fait fuir les pèlerins ». Donc là aucune ambigüité, c’est bien un pèlerinage, et il me semble bien que les édiles locaux n’ont pas fui non plus.

En page 18 dans la chronique du Boutau / Bien lisible : « Samedi, reprise du catéchisme au presbytère » avec mails, horaires et coordonnées.

Bonne pub.

Page 19 sur ½ page /  Avec 3 photos, à Colomars, « Un festin fidèle aux traditions » avec concert en l’église, messe solennelle, procession et festin. Festivités que semblent avoir partagé le maire et les représentants du conseil général.
Voici le pompon, le père Nicolas et le père Michel ont célébré un officie au cours duquel la population s’est mise sous la protection de la vierge. Nul doute qu’un article suivra pour analyser la baisse de leurs impôts ...

Puisque les instances républicaines étaient là !

En page 19 encore, sur ¼ de page / Avec 2 photos. C’est à Clans : « La nativité, religieuse certes, mais aussi très festive ». C’est bien ce qu’ont  apprécié le maire et le conseil municipal qui ont siroté l’apéritif dont il n’est pas dit s’il est du même tonneau que le vin de la messe dite à l’église de la collégiale par le chanoine Jean Paul Porcier. Les chœurs de la Tinée étaient de la partie, mais on suppose bien qu’ils n’ont pas entonné des chants républicains !

Page 28 sur une quasi pleine page / A fond sur l’opération pseudo-laïque de Peillon avec sa photogénique photo, pour la « Charte de laïcité affichée dans les écoles », page non étonnamment centrée sur les réactions des religieux … des fois qu’ils soient vexés.

 

Pas de conclusion n’est-ce pas ? Je vous fais grâce du second numéro moins fourni. Comme il y a chaque jour un nouveau Nice-Matin je fais une suggestion d’évidence. Faites vous-même l’expérience au café du coin dès demain matin avec ce journal du jour. J’en ai tenté l’expérience dans ma famille et c’est saisissant ! Ce sera certainement une preuve bien plus convaincante que mon article que je ne regretterais pas d’avoir écrit s’il éveille quelques curiosités qui se décident à l’exercice car vous n’aurez pas beaucoup de numéros à attendre.

 

Nice le 17 Septembre 2013,

Christian JOLY. 


 



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