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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Communiqués nationaux

 

Un nouveau colloque scientifique réussi de la Libre Pensée : Nancy le 8 juillet 2014

 

Recherche sur l’embryon humain, Bilan de 20 ans d’interdiction

Le début et la fin de la vie interroge l’humanité depuis la nuit des temps. La Libre Pensée s’en est toujours préoccupée. C’est ainsi qu’elle a pris toute sa part dans le débat initié par la révision en 2011 de la loi de bioéthique.


Sous l’égide la Fédération nationale, la commission « Sciences » de la Libre Pensée a organisé un colloque « la recherche sur l’embryon » le 10 octobre 2009, à la faculté de Médecine de Paris V. Ces travaux ouverts par le professeur Axel Kahn, ont été publiés dans un opuscule largement diffusé parmi les médecins, scientifiques… et auprès des parlementaires. La Libre Pensée a organisé d’autres réunions publiques à Nancy et Marseille, Angers, Orsay. Sur le thème de la bioéthique, elle a initié et participé à trois colloques internationaux réunis à Barcelone (2012), Thessalonique (2013) et à Lille (2014).


Animée par le souci de garantir la liberté de la recherche, soustraite à toute influence dogmatique voire religieuse, la Fédération nationale de la Libre Pensée a enregistré avec satisfaction le vote de la loi du 6 août 2013 sur la recherche sur l’embryon humain. En effet, elle substitue un régime d’autorisation des projets de recherche sur l’embryon au régime antérieur d’interdiction assorti de dérogations.


Comment rattraper les années d’interdiction ? Y-a-t-il de bonnes alternatives à l’utilisation des cellules souches embryonnaires ? Quels sont les acquis scientifiques et quelles recherches reste-t-il à mener sur l’embryon humain et les techniques thérapeutiques en matière de conception humaine ?


La nouvelle loi française s’applique donc depuis le 6 août 2013. Toute entrave à l’essor de la recherche sur l’embryon humain et pour lui-même est-elle levée ? Que signifie le respect « des principes éthiques relatifs à la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires » pour l’obtention des conditions d’autorisation de mener des recherches ? La nouvelle loi française est-elle comparable aux législations des nations les plus avancées dans ce domaine de la recherche ? Quels enseignements tirés de sa mise en œuvre ? Enfin quelles sont les interrogations, les réflexions qui subsistent.

C’est cet échange, ces débats que la Libre Pensée s’est proposé de poursuivre avec des médecins, scientifiques, juristes, philosophes au cours de ce colloque.

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J-S Pierre, président de la FNLP ouvre le colloque. Assis, le Professeur Eric Germain, Doyen de la Faculté de Droit, Sciences économiques et Gestion
Liste des intervenants :
  • Salutations de bienvenue : Professeur Eric Germain, Doyen de la Faculté de Droit, Sciences économiques et Gestion
  • Introduction : Jean-Sébastien Pierre, Président de la Libre Pensée
  • Fécondation in vitro, Bilan quantitatif et qualitatif, quelles perspectives d’avenir avec le Dr Joëlle Belaisch-Allart, Vice-Présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, membre honoraire du CCNE.
  • La recherche sur l’embryon humain en France : de l’interdiction à l’autorisation encadrée avec le Pr Pierre Jouannet, Professeur émérite de l’Université Paris – Descartes (Biologie de la reproduction), membre du Comité d’éthique de l’INSERM.
  • L’expérience de la recherche sur l’embryon humain en Belgique : historique, la loi de 2003 et les réalisations de cette recherche avec le Pr André Van Steirteghem, professeur émérite de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) et directeur du centre de la médecine de reproduction de la VUB . Président de la Commission Fédérale Embryons (CFE).
  • Cordon ombilical, cellules souches adultes, cellules iPS : les mauvaises et les bonnes alternatives aux cellules souches embryonnaires humaines avec le Pr John De Vos, Professeur d’Histologie, Directeur de l’Unité de Thérapie Cellulaire, CHU de Montpellier
  • La recherche française sur les thérapies cellulaires : les effets de l’interdiction, espoirs et limites de la nouvelle loi avec le Dr Marc Peschanski, DR INSERM, Directeur de l’ Institut I-STEM, Evry
  • Y-a-t-il des différences entre « interdiction avec dérogation » et autorisation sur projet » ? le point de vue du juriste avec Dominique Goussot, responsable de la Commission « Droit et Laïcité » de la Libre Pensée
  • Le point de vue du philosophe avec Pascal Clesse, Professeur de Philosophie, responsable de la commission « Philosophie » de la Libre Pensée
  • Conclusions : Jean Dubessy, Commission « Sciences « de la Libre Pensée avec David Gozlan, Secrétaire général de la Libre Pensée

Résolution adoptée par les participants et intervenants

Les participants au colloque ’Recherche sur l’embryon humain : bilan de 20 ans d’interdiction’ réunis à la faculté de Droit, de Gestion et de Sciences Economiques de l’Université de Lorraine, le 8 juillet 2014, constatent qu’en France la recherche scientifique sur l’embryon ne faisant plus l’objet d’un projet parental et les cellules souches embryonnaires humaines est confrontée à des difficultés juridiques liées à l’ignorance des objectifs et des conditions de réalisation de ce type de recherche et aux résistances des obscurantismes religieux traditionnels. En revanche, nous nous prononçons pour la liberté de recherche au nom du bien de l’Humanité.


Nous réaffirmons que les recherches sur l’embryon humain sont absolument nécessaires pour trois raisons :

  • L’acquisition de connaissances fondamentales nouvelles sur les stades précoces du développement embryonnaire ;

  • L’application de ces connaissances pour améliorer les processus d’assistance médicalisée à la procréation et le traitement de la stérilité ;

  • Le développement d’une médecine régénérative à l’aide de cellules souches embryonnaires.

Nous rappelons que les recherches sur l’embryon ou les thérapies en utilisant les cellules souches embryonnaires concernent uniquement les embryons fécondés in vitro qui n’ont plus de projet parental. En effet, les fécondations in vitro sont la source de nombreux embryons ne pouvant répondre à un projet parental n’ayant pas d’autre avenir que l’arrêt de leur développement.

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Dr Joëlle Belaisch-Allart, Vice-Présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, membre honoraire du CCNE

Même si les cellules souches humaines pluripotentes induites ont été présentées comme pouvant remplacer les cellules souches embryonnaires humaines en médecine régénérative, il faut constater que ce domaine en est encore à ses débuts, et n’excluent pas le recours aux cellules souches embryonnaires qui restent la référence par rapport aux autres types de cellules souches. Par conséquent, nous réaffirmons que, pour des raisons relevant de dogmes religieux, il ne faut pas se priver des cellules souches embryonnaires humaines pluripotentes pour lesquelles les perspectives thérapeutiques sont réelles. D’autre part, nous nous prononçons pour la levée de l’interdiction de la création d’embryons humains en France dédiés à la recherche scientifique.


Les participants au colloque se félicitent que la loi du 16 juillet 2013, ait introduit un régime d’autorisation encadrée de la recherche sur l’embryon. Elle atteste d’un changement de perspective philosophique. En revanche, dans la pratique, elle n’apporte pas, a priori, de modification spectaculaire permettant la réalisation de progrès considérables tant sur le plan de la recherche fondamentale que sur le plan thérapeutique. En effet, les critères à respecter pour obtenir une autorisation de recherche sont assez voisins des conditions qu’il fallait réunir pour obtenir une dérogation dans le régime antérieur d’interdiction. D’autre part, les perspectives restent incertaines tant en ce qui concerne l’organisation des recherches que leur financement.


C’est pourquoi, nous réaffirmons que les recherches scientifiques sur l’embryon lui-même et à son bénéfice, comme celles relatives aux différentes thérapies, doivent pouvoir se développer à l’abri des pressions des lobbys religieux comme cela doit être dans une République régie par le principe de laïcité. Les participants à ce colloque s’engagent à agir pour obtenir la liberté de recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires.

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