Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com

 

Cette tradition des banquets républicains remonte aux mois qui précèdent la révolution de 1848.  Organisés dès  l'origine dans   plus  de  70 villes,    ils  avaient   pour    objectif    de    départ d'obtenir l'élargissement du  corps  électoral,  le suffrage   censitaire  le  limitant  alors  à  environ  200 000 électeurs.

Notons que le contexte de l'époque est marqué par une crise économique générale : financière, industrielle, agricole. Cette situation est très bien expliquée dans le livre «1851 : Dix mille drômois se révoltent» Ainsi on y apprend qu'en Drôme seulement 2054 hommes sont électeurs à la veille de 1848, soit 1 pour 159 drômois ». En Ardèche la situation est encore pire car l'Ardèche est plus pauvre.

Dans ce cadre, ces banquets n'ont   pas compté pour rien dans la maturation de la révolution qui vit s'écrouler la Monarchie de juillet toute entière dévouée aux intérêts de la haute finance.  Ces banquets permettaient de passer outre aux interdictions qui pesaient sur l'ensemble des libertés démocratiques : liberté d'opinion, liberté d'association, etc.

Le premier des banquets du  vendredi dit saint  a eu  lieu,  quant à  lui,  le  10  avril  1848  à  Paris. Sainte-Beuve, Flaubert, Renan et Napoléon­ Jérôme Bonaparte (républicain, cousin de Napoléon III) en étaient les célèbres convives. Il eut un retentissement considérable dans l'opinion et il donna le signal d'une vague de manifestations et d'évènements qui préparèrent le futur effondrement de l'empire.

Les banquets du  vendredi dit  saint, dont nous avons  repris  la   tradition,  sont  l'occasion  de nous réunir pour réaffirmer notre condamnation  des interdits  religieux,  notre refus des  dogmes que les religions, les gourous et les « experts » de toutes sortes, prétendent imposer contre la liberté des hommes.

Nous nous réunissons pour condamner la prétention selon laquelle les dogmes religieux sont supérieurs aux lois de la République, à la volonté des citoyens.

Aujourd'hui, nous assistons de toutes parts à des offensives visant au retour en force du délit de blasphème. C'est-à-dire visant à imposer un carcan   à   la   liberté   de   penser, d'étudier, de chercher, de s'exprimer.

Voici ce que qu'écrivait Ernest Lavisse

« Etre laïque, ce n'est point interdire à l'homme le rêve et la perpétuelle recherche de Dieu, c'est revendiquer, pour la vie présente, l'effort du devoir. Ce n'est point violenter, ce n'est point vouloir mépriser les consciences encore détenues dans le charme des vieilles croyances. C'est refuser, aux religions qui passent, le droit de gouverner l'Humanité qui dure. Ce n'est  point haïr telle ou telle Eglise, ou toutes les Eglises ensemble. C'est combattre l'esprit de haine qui souffle parfois des religions et qui fut cause de tant de violences, de tueries et de ruines, et dont on peut dire que, dans toutes les religions positives, il a toujours, partout, favorisé un rétrécissement de l'univers; Etre laïque, ce n'est point consentir la soumission de la raison à un dogme immuable, ni l'abdication de l'esprit humain devant l'incompréhensible.  C'est ne prendre son parti d'aucune ignorance, ni d'aucune misère. C'est ne point permettre à un juge siégeant par-delà la vie, du soin de rassasier ceux qui ont faim, de donner à boire à ceux qui ont soif de réparer les injustices et de consoler ceux qui pleurent. C'est livrer bataille au nom de la justice. »

Chaque jour qui passe ne confirme-t-il pas l'actualité de ce texte écrit en 1910 ?

Articles récents

Hébergé par Overblog