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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Activités et actions départementales

 Notre réunion de rentrée à Mouans-Sartoux :

« Ensemble, abrogeons la loi Debré !»  suivie de notre traditionnel banquet « tête de veau »


Henri Huille a ouvert le débat en nous rappelant l’importance des pas franchis sur la voie de la reconstitution d’une internationale de la Libre Pensée, après la proclamation de l’AILP en août 2011 à d’Oslo, suivie du colloque tenu à Beyrouth en avril 2012 et du Congrès des Amériques qui a réuni 45 organisations à Mar-del-Plata en novembre 2012, permettant l’élargissement des porte-parole de l’AILP et du combat pour la séparation partout dans le monde des Églises et des États. 

En France, la FNLP s’est mobilisée depuis un an pour l’abrogation de la loi Debré. Il y a 53 ans, le régime gaulliste votait la loi Debré qui donnait à l'enseignement privé (à 95% confessionnel) le statut de « service public d’enseignement », au nom du « besoin scolaire reconnu » , ouvrant la voie à la concurrence entre public et privé.

L’orateur a fait ressortir la continuité entre la loi Falloux de 1850, qui a permis aux congrégations d’étendre leur filet sur la jeunesse, à l’époque des évêques-députés, Dupanloup puis Freppel un des pères de l’encyclique Rerum Novarum qui formalisa la doctrine sociale de l’Église dont se réclame aujourd’hui encore Jacques Delors, la CFDT et l’Union Européenne, et la loi Debré.

La Ligue de l’Enseignement de Jean Macé et Paul Bert dut se battre durement contre ce « parti noir » pour imposer l’école laïque et la Libre Pensée joua souvent un grand rôle dans cette bataille

qui aboutit au statut de l’enseignement privé avec la loi Goblet de 1886.

C’est le maréchal Pétain qui promulgua en 1941 les « Principes de la Communauté » censés remplacer la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », dans lesquels on lit :

« L’État demande aux citoyens l’égalité des sacrifices : il leur assure en retour l’égalité des chances ». 

« L’École est le prolongement de la Famille ». 

A la Libération, le parti clérical regroupé au sein du MRP reprit cette rhétorique de la famille à l’origine des premières mesures anti-laïques. Les lois Marie-Barangé de 1951 permettent le versement de fonds d’État aux écoles catholiques, à travers les familles, par des bourses scolaires.

A son arrivée en 1958 suite à un véritable « coup d’État » , De Gaulle, soutenu par la hiérarchie catholique toute honte bue de son pétainisme de la veille, rencontre très vite le cardinal Feltin…

En décembre 1959, ce sera la loi Debré qui avait pour objectif de sauver financièrement un enseignement privé qui perdait de l’influence, et qui donne le coup d’envoi de la « décroissance scolaire » qui accompagnera ensuite toutes les politiques menées sous la Vème République.

10 813 697 signatures furent rassemblées sur la pétition du CNAL qui aboutit au rassemblement de 350000 laïques à Vincennes le 19 juin 1960 et au fameux « serment ».

La capitulation du CNAL qui s’ensuivit eut des effets désastreux…plus tard, en 1985, Alain Savary, ministre de Mitterand, tente d’intégrer l’école catholique au « Service Public Unifié et Laïque de l’Éducation nationale » .

Par la suite, c’est la loi Jospin  qui instaure les projets d’établissement, c’est-à-dire le caractère propre qui est la logique des écoles privées confessionnelles.

À cela s'ajoute tout l'arsenal des lois anti-laïques qui ont suivi la loi Debré.

Cette loi est indiscutablement le plus haut point atteint par cette reconquête cléricale.

La Fédération nationale de la Libre Pensée est restée fidèle au Serment de Vincennes, porté par près de 11 millions de pétitionnaires, qui exigeait l'abrogation de la loi Debré. Elle reprend ce combat plus actuel que jamais. 

Pour conclure, Henri Huille nous proposa de participer et de faire participer nos amis et contacts à un grand meeting qui se tiendrait à Marseille dans le courant du mois de mai.  

 

Le débat fort animé qui a suivi a permis d’éclairer plusieurs points importants liés au sujet traité et notamment :  

    1/ L’abrogation de la loi permettrait-elle à l’État de faire des « économies » : ça n’est pas le but recherché, les milliards versés aux écoles privées permettraient de renforcer l’école publique passablement délabrée, école publique ouverte à tous, excluant tout prosélytisme, permettant au plus grand nombre d’accéder à l’instruction et d’acquérir des diplômes nationaux.

C’est bien à ceux qui veulent une éducation particulière pour leurs enfants de la financer.

   2/ Ou sur d’autres sujets : pourquoi nous caractérisons l’Union européenne d’Europe vaticane, est-il acceptable que la hiérarchie catholique puisse prendre position comme elle l’a fait sur le mariage pour tous, comment se faire débaptiser, comment comprendre la place croissante des religions dans les médias et en politique alors que les églises se vident, comment recenser les subventions versées par les mairies du département aux associations cultuelles…

Le débat reste ouvert, bien sûr. 


Les 26 participants ont ensuite pris place autour de la table pour déguster une excellente et traditionnelle tête de veau mitonnée par Clarisse que nous remercions chaleureusement.


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