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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Documentation LP 06

1492


Le roi « Très Catholique » et la reine « Très Catholique » d'Espagne expulsent les juifs (titres conférés par le pape en personne !) Les juifs ont le choix entre se convertir pour subir les foudres de l'Inquisition qui brûlera nombre d'entre eux ou partir. Plus de 160 000 juifs quittent l'Espagne. La hiérarchie catholique ne reste pas indifférente à cette mesure d'une cruauté effarante : elle approuve la mesure et le pape encourage les autres souverains européens à s'inspirer de l'exemple espagnol. Dans toute l'Europe les évêques se mobilisent pour pousser les gouvernements à empêcher l'entrée sur leur territoire aux juifs expulsés. [Référence 7]

Les juifs qui choisissent de se convertir seront persécutés par l'Inquisition avec une détermination impressionnante : jusqu'au 18e siècle on fera le « Test du Lard » aux convertis juifs et à leur descendants. Une salade aux lardons est proposée au « converti » et si l'on constate qu'il a écarté les lardons en mangeant on le brûle comme « faux converti ». La méthode sera aussi appliquée aux musulmans convertis et à leurs descendants. Si l'expulsion des juifs d'Espagne est la plus grande expulsion du  genre que l'histoire ait enregistré, elle ne fut pas la première. En France, les prélats catholiques avaient déjà obtenu une expulsion des juifs en 1306, laquelle fut ensuite révoquée avant d'être confirmée en 1394. L'Angleterre avait déjà procédé à l'expulsion en 1290. En 1296, le Portugal imite son puissant voisin en expulsant à son tour les juifs de son territoire.


1493


Le premier Indien d'Amérique au paradis Lorsque Christophe Colomb, qui a pris soin d'emmener un moine dans ses bagages arrive en Amérique, il rencontre des Indiens qui, écrira-t-il, sont des gens amicaux et serviables. Il enlève 12 d'entre eux qu'il amène en Espagne. À l'arrivée l'un d'entre eux tombe malade : avant sa mort, il est baptisé en vitesse ce qui permet à la cour des Rois Très Catholiques d'exulter car un indigène du Nouveau Monde a pu entrer au paradis chrétien. Cette triste histoire marquera le début de la tragique christianisation des Indiens d'Amérique dont l'épisode des réductions du Paraguay et les persécutions des Indiens Pueblo racontés plus loin ne seront que deux épisodes parmi les plus tragiques.


1499


L'archevêque Cisnero à Grenade fait jeter au feu tous les livres musulmans et lance une campagne de conversion forcée des maures de la ville. En récompense pour ses loyaux services, il sera nommé "Grand inquisiteur de Castille" en 1507, puis cardinal.


1499


C'est en cette année qu'a lieu le plus grand « autodafé » (acte de foi !) que l'histoire ait enregistré : d'un seul coup, l'inquisiteur Diego Rodrigues Lucero brûle vifs pas moins de 107 juifs convertis au christianisme à Cordoue.


Le XVIe siècle


Le drame des castrats. L'Église ayant décidé que les femmes ne peuvent entrer dans le chœur des églises, un problème tragique se pose : comment ne pas torturer les oreilles des pieux prélats du christ en les privant des voix hautes, si importantes dans les chœurs, pour louer l'amour de dieu ? Une solution barbare est trouvée : l'on privera d'organes sexuels de jeunes garçons dont la voix aura été reconnue comme belle. Les chœurs de la Sainte Église catholique ne manqueront ainsi jamais de soprani et de contralti.

Cette pratique barbare ne cessera qu'en 1878 sur ordre du Pape Léon XIII. La pratique est encore très répandue pendant le 19e siècle au point que Rossini, lorsqu'il compose sa « Petite messe solennelle », écrit tout naturellement qu'il suffira pour exécuter celle-ci, « d'un piano et d'une douzaine de chanteurs des 3 sexes, hommes, femmes et castrats ».


1506


Pogrom de Lisbonne : 3 000 juifs tués par de pieux catholiques excités par les prélats.

Jules II Della Rovere pape. Habile chef militaire, il porte l'armure pendant une messe lorsqu'un moine insolent lui fait remarquer que l'habit n'est pas approprié. « Quand il s'agit de conquérir des terres, Dieu ne regarde pas l'habit mais la foi de son serviteur », lui répond-il et passe ainsi à l'histoire. Dieu lui permet effectivement de conquérir Bologna qui est, comme il se doit, mise à sac.


1521


Inspiré par l'Esprit Saint qui n'avait apparemment rien d'autre à faire, un moine allemand, Martin Luther traduit le « Nouveau Testament » en quelques semaines. Le diable vient le tenter : Luther ne trouve rien de mieux à faire que de lui lancer un encrier qui tache le mur ! La tâche est depuis religieusement préservée pour les touristes au château de Wartburg.

L'événement pourrait sembler insignifiant. Il n'en est rien, car il inaugure le plus grand schisme de la chrétienté : dans les siècles qui suivront les chrétiens se massacreront entre eux avec encore plus d'enthousiasme qu'ils n'ont massacré et brûlé les non-chrétiens, les hérétiques, les sorcières, les juifs et musulmans convertis, etc.

Luther écrira et dira à plusieurs reprises qu'il faudrait brûler les synagogues et chasser les juifs des villes : il se situe ainsi dans la tradition initiée par les pères de l'église catholique qui sera perpétrée jusqu'au 19e siècle par l'Inquisition et même jusqu'au 20e par ses imitateurs en chemise brune.


1527


Sac de Rome : des soldats protestants massacrent la totalité de la population de Rome, soit environ 40 000 personnes, et pillent la ville. Le Pape est sauvé par les gardes suisses. Il s'enferme avec eux à Castel Sant'Angelo pendant que la population est massacrée. Lui-même s'en tire avec une grosse frayeur. Les Suisses y gagnent un débouché professionnel à l'étranger qui se perpétue jusqu'à aujourd'hui.


1553


Calvin, qui condamne les excès de l'église catholique, fait décapiter le libre penseur et médecin Michel Servet qui avait découvert la circulation du sang. Il n'est jamais que l'une des victimes parmi la quinzaine d'hérétiques que le réformateur fait exécuter pendant sa dictature sur Genève.

Calvin joue un rôle très actif dans l'arrestation puis la condamnation à mort de Michel Servet. Il échangea d'abord une correspondance avec lui puis, lorsque fuyant l'Inquisition Servet arriva à Genève, Calvin le fit arrêter. Calvin avait dit à son ami le réformateur Farel que si Michel Servet devait venir à Genève, il ne le laisserait pas repartir vivant. Il tient donc sa promesse en intervenant personnellement au procès et en plaidant pour l'exécution. La seule clémence qu'il veut bien concéder à Servet est l'exécution par décapitation plutôt que par le bûcher.


1571


L'invention de l'imprimerie permettant à un nombre croissant de personnes de s'informer, l'Église réagit en fondant l'Index (Index Additus Librorum Prohibitorum) : cette institution édite régulièrement une liste de livres interdits. La dernière édition de l'index est publiée en 1961.


1566-1572


Pie V, pape. Ce Saint de l'église catholique se vante publiquement plusieurs fois d'avoir, pendant sa carrière d'inquisiteur, allumé de ses propres mains plus de 100 bûchers d'hérétiques qu'il avait lui-même accusés, confondus et condamnés.

Il publie aussi une nouvelle édition du catéchisme officiel de l'Église dans lequel l'amour du prochain et la miséricorde ont bien sûr une place importante.


1547-1593


Guerres de religion en France

Les sous-sectes chrétiennes se livrent à une guerre civile sans merci interrompue par plusieurs paix et trêves temporaires. Pendant l'une de celles-ci a lieu le massacre de 20 000 protestants, hommes, femmes et enfants, la nuit de la Saint-Barthélémy 1572.


Fin du XVIe - début du XVIIe siècle    

  La conversion forcée des Indiens Pueblo


Remontant depuis la côte du Golfe du Mexique, les explorateurs espagnols, toujours accompagnés de moines et de prêtres, entrent en contact avec les Indiens « Pueblo » dans le territoire qui est aujourd'hui l'État du Nouveau Mexique : différents des indiens nomades des plaines du Nord et aussi des indiens plus combatifs que les Espagnols ont rencontrés au Mexique et en Amérique du Sud, les Indiens Pueblo vivent dans des villages (les « Pueblos » ) de maisons de brique à 2-3 étages, sont pacifiques et pratiquent l'agriculture. Ils pratiquent une religion dans laquelle ils vénèrent le « Père Ciel » et la « Terre Mère », craignent des démons (les Skinnwalkers) qui marchent au soleil couchant sur la crête des montagnes et vénèrent les corbeaux comme étant des réincarnations de leurs ancêtres. Ils ont aussi un riche panthéon de dieux assez semblables aux dieux grecs, leur dieu principal étant la femme-araignée. Les cérémonies sont célébrées dans des petites églises familiales, les Kivas. Ces agriculteurs pacifiques deviennent immédiatement l'objet de l'attention des prêtres espagnols, impatients de remplacer les cultes de "Père Ciel" et "Terre mère" par celui du dieu dont on boit le sang au cours des cérémonies : les chamans indiens sont accusés de    « sorcellerie » et exécutés. Les Kivas sont détruites par les militaires espagnols et les cérémonies religieuses traditionnelles sont interdites sous peine de mutilations. Les indiens surpris en train de célébrer une cérémonie traditionnelle auront un bras ou un pied coupé. Malgré tout, des indiens continueront à pratiquer leurs cérémonies en cachette, la nuit. Les prêtres catholiques utiliseront ce fait dans des sermons, que les indiens Pueblo citent encore aujourd'hui avec amertume : les prêtres déclareront que la religion indienne est celle des ténèbres puisque les cérémonies se font de nuit alors que le christianisme est la religion de la lumière puisque l'on mange la chair et boit le sang du dieu chrétien en plein jour. Plusieurs révoltes sanglantes jalonnent l'histoire de la christianisation des Pueblos. La persécution religieuse ne cessera qu'après l'annexion du territoire par les États-Unis en 1847.


1600


Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, condamné pour hérésie. Il avait osé définir l'univers comme étant « infini » et émis l'hypothèse de l'existence de formes de vie hors de la terre. C'en était trop pour l'Église. Au bout de 8 ans de procès au cours duquel des aveux lui sont arrachés par la torture, il est condamné à mort comme « hérétique obstiné et impénitent ». Il se défend en essayant de montrer que ses idées ne sont pas en contradiction avec les doctrines chrétiennes. En vain. Il est brûlé en public à Rome, au Campo dei Fiori. On aura soin de le bâillonner avant de l'amener au lieu d'exécution pour éviter tout risque que ses paroles ne troublent la foule venue assister au spectacle. Son principal accusateur, le Cardinal Bellarmin, sera plus tard canonisé et, en 1931, proclamé « Docteur de l'Église ». [Référence 8]


1609


Expulsion des Maures d'Espagne : après l'expulsion des juifs d'Espagne, l'Inquisition s'ennuyait un peu dans ce beau pays. Elle lance donc la chasse aux Morescos, les Arabes convertis au christianisme. Sont suspectés d'être des faux convertis et exécutés tous ceux qui refusent de boire du vin ou de manger du porc, ou qui sont trop propres : en effet l'Islam, contrairement au christianisme, prescrit des lavages périodiques. La propreté n'a jamais été aussi dangereuse qu'au XVIe siècle en Espagne ! Enfin en 1609, craignant sans doute d'avoir raté des « Faux convertis », l'Inquisition obtient du roi l'expulsion des Morescos vers l'Afrique du Nord. Le nombre d'expulsés est mal connu : les estimations varient entre 300 000 et 3 millions. Les expulsés arrivent en terre islamique où l'Islam prévoit la peine de mort pour toute personne qui renie l'Islam. [Référence 9]


1633


Procès de Galilée. Pour avoir douté de la théorie géocentrique de Ptolémée (qui, soi dit en passant, n'était pas chrétien !), Galileo Galilei est forcé à se rétracter : on lui montre les instruments de torture qui seraient employés si il insiste. Le procès de Galilée ne sera rouvert pour révision que par Jean-Paul II et Galilée sera réhabilité en 1992. Ses œuvres ont été mises à l'index dès 1616 et il passera le reste de sa vie confiné dans sa villa (arrêts domiciliaires). Sa réputation internationale de scientifique lui a permis d'éviter des conséquences plus graves.


1618 à 1648


Guerre des 30 ans. Les très catholiques souverains Habsbourg forcent à la conversion leurs sujets protestants de Bohème, déclenchant la plus grande guerre que le continent européen ait connu jusqu'alors. La population de l'Allemagne est réduite de moitié. De nombreuses villes sont dévastées. Des épidémies de peste dévastent toute l'Europe centrale, de la Lombardie à la Prusse.

Il s'agit bien d'une guerre de religion même si les églises ont par la suite essayé de faire croire qu'il s'agissait d'un conflit politique : la guerre est déclenchée par un conflit religieux où des rois étrangers comme Gustave II de Suède, interviennent sur la base de leurs convictions religieuses. Le cas de Gustave II de Suède est particulièrement significatif. Il oblige ses soldats à chanter des cantiques chrétiens chaque soir mais ceux-ci sont d'autre part de redoutables pilleurs : l'armée suédoise se verra conférer le titre de « Schrecken des Krieges » par la population allemande qui craint les pillages (c'est à dire les cas où une armée entre dans une ville, égorge les hommes adultes, viole femmes et enfants avant d'égorger aussi tout ou partie de ces derniers pour finir par y mettre le feu) et les soldats suédois encore plus que ceux de l'armée Habsbourg. [Référence 10]


Deuxième moitié du XVIIIe siècle


« Affaire des réductions » au Paraguay. Le cas est particulièrement intéressant, car ici les catholiques se massacrent et s'excommunient entre eux. Les Jésuites avaient établi au Paraguay un petit empire privé fait de « réductions », c'est à dire des petits villages fortifiés dans la forêt où vivent des indiens convertis au catholicisme. Hélas, une correction de la frontière porte plusieurs de ces réductions sur le territoire portugais. Or le Portugal, pays chrétien et catholique, perpétue à l'époque la tradition de l'esclavage : les Portugais pensent prendre aux  Jésuites leurs indiens pour les vendre comme esclaves.

Le pape intervient, excommunie les Jésuites des « réductions ». Puis une armée dont les canons et épées sont bénis par les prêtres de service attaque les réductions, massacre les Jésuites et prend les indiens comme esclaves. Comme il se doit, un Te Deum est célébré pour la victoire. [Référence 11]

Peu après, le pape interdira l'ordre des Jésuites, coupable d'être trop intelligent et rationnel, et surtout de n'avoir pas assez loyalement servi la famille des Bourbon, rois de France et d'Espagne, monarques absolus et grands amis de l'église catholique.


1766


En plein siècle des lumières un jeune homme de 19 ans, le Chevalier de la Barre passe « à vingt pas d'une procession sans ôter son chapeau ». Il est arrêté, soumis à la torture. Enfin, il est décapité, après qu'on lui ait coupé la langue. Son corps est alors placé sur un bûcher et brûlé avec un exemplaire du « Dictionnaire Philosophique » de Voltaire devant une foule enthousiaste. [Référence 12]


1788


Dans le canton de Glaris, en Suisse, la dernière sorcière est brûlée. Cette exécution n'est pas la dernière de l'Inquisition qui continuera à brûler des hérétiques jusqu'en 1826.


1793


Kant, professeur de philosophie à Kônigsberg et « star » internationale de la philosophie moderne depuis la publication de  « Kritik derreinen Vemunft » publie « Die Religion innerhalb der Grenzen der bloBen Vemuft » (La religion dans les limites de la seule raison) où il met les doctrines chrétiennes à l'épreuve de la raison et du « kategorische Imperativ ». C'en est trop pour le pieux roi de Prusse. Poussé par des prélats protestants, il intervient et Kant est forcé de se rétracter publiquement sous peine de licenciement immédiat de son poste de l'université de Kônigsberg. Un à un les autres professeurs de l'université doivent signer, sous peine de licenciement immédiat, un document où ils s'engagent à ne pas citer dans leur enseignement des écrits de Kant ayant trait à la religion. Comme dans le cas de Galilée, la renommée internationale de Kant le sauve de conséquences plus sévères. Kant songera à s'exiler, mais il est en cette fin de siècle peu de cieux cléments pour les penseurs qui osent critiquer des aspects de l'idéologie chrétienne : il finira donc sa vie à Kônigsberg. [Référence 13]


1826


Le dernier hérétique est brûlé vif par l'Inquisition en Espagne. Une riche tradition chrétienne prend fin. Désormais, l'Église recourra à des moyens plus subtils pour tuer, comme par exemple en interdisant l'assistances aux femmes qui doivent avorter, en sabotant la planification familiale dans les pays pauvres, en interdisant le préservatif comme moyen d'endiguer l'épidémie du SIDA, etc.

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