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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Documentation LP 06

1847


Guerre du Sonderbund : la Suisse est déchirée par une guerre de religion. Les cantons catholiques, dont les gouvernements sont fortement influencés par des conseillers jésuites, fondent une alliance militaire spéciale (Sonderbund), qui réclame l'annexion aux cantons catholiques des régions catholiques des cantons en majorité protestants. Ils appellent les monarques catholiques d'Autriche à leur aide, puis engagent les hostilités. Seule la victoire rapide des troupes fédérales protestantes permet d'éviter une intervention autrichienne qui pouvait provoquer une extension du conflit à l'échelle européenne. Les protestants se livrent alors à de féroces « Chasses aux catholiques » dans les campagnes genevoises et les jésuites, considérés comme responsables de la guerre, sont expulsés de Suisse, bannissement qui restera en vigueur jusqu'aux années 1970.


1848


La population de Rome se révolte contre la dictature papale. Le pape est chassé. Il est remis au pouvoir en 1849 par les troupes françaises dépêchées sur place par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la république française. Les opposants sont fusillés. L'État de l'Église redevient une monarchie absolue dont le souverain est le pape.


1871


Le pape excommunie toute personne qui participera à une quelconque élection de l'État italien, qui est défini comme « diabolique » car il avait privé les papes de leur État séculier. Cette sentence d'excommunication automatique n'empêchera pas le pape de bénir quelques années après un nouvellement fondé « Partito popolare », d'inspiration catholique et fondé par un prêtre.


1881


Les pogroms russes commencent. Excitées par des prélats orthodoxes qui répandent une fausse rumeur selon laquelle le Tsar Alexandre II aurait été assassiné par un juif, des foules se rassemblent dans plus de 200 villes russes et détruisent les biens des juifs. Les pogroms deviendront communs dans la pieuse Russie tsariste, surtout entre 1890 et 1907. Le plus violent d'entre eux à lieu à Kishinev en 1903 où les autorités civiles et religieuses de la ville excitent la foule. Pendant deux jours, la foule tue 45 juifs, en blesse environ 600, et pille 1 500 maisons. Bien sûr, les responsables (popes et politiciens) ne seront jamais inquiétés par la justice.


1918-1945


Les années de la compromission. L'Église soutient activement la montée des totalitarismes en Europe. En Autriche, son soutien à l'austrofascisme est total. Elle se justifiera par la suite en citant sa peur des communistes et de l'Anschluss...

En Italie, elle signe avec le régime fasciste un concordat qui fait du catholicisme la religion d'État : les italiens peuvent à nouveau voter sans être excommuniés... L'Église sacrifie en grande partie ses propres associations : toutes, sauf l'Action Catholique, doivent intégrer des organisations fascistes. Le Vatican promet à Mussolini de faire en sorte que l'Action Catholique ne se laisse pas tenter par des actions antifascistes. [Référence 14]

En 1929, Mussolini ayant signé le concordat dit « Patti Lateranensi », il est qualifié par le pape d'homme de la providence (« Uomo délia providenza » ). En 1932, l'Action Catholique ayant été remise au pas par la hiérarchie ecclésiastique conformément aux vœux du dictateur, ce dernier reçoit des mains du pape l'Ordre de l'éperon d'or, qui est la plus haute distinction que l'État du Vatican accorde. [Référence 16]

En Allemagne, en janvier 1933, le Zentrum, parti catholique dont le leader est un prélat catholique (Prâlat Kaas), vote les pleins pouvoirs à Hitler : ce dernier peut ainsi atteindre la majorité des 2/3 au Reichstag pour suspendre les droits garantis par la Constitution. Avec une charité toute chrétienne, le bon prélat accepte aussi de fermer un œil sur les détails procéduriers discutables des nazis comme l'arrestation des députés communistes avant le vote. Puis l'Église commence à négocier un nouveau concordat avec l'Allemagne ; dans ce cadre elle « sacrifie » le Zentrum alors seul parti significatif que les nazis n'ont pas interdit car il les a aidés à arriver au pouvoir. Le 5 juillet 1933, le Zentrum s'autodissout sur demande de la hiérarchie catholique, laissant le champ libre au NSDAP de Hitler, désormais parti unique. [Référence 15]

Hitler se proclame catholique dans « Mein Kampf », l'ouvrage où il annonce son programme politique. Il y affirme aussi qu'il est convaincu qu'il est un « instrument de Dieu ». L'église catholique ne mettra jamais « Mein Kampf » à l'Index, même après l'accession d’Hitler au pouvoir. Il faut croire que le programme antisémite du futur chancelier ne lui déplaisait pas. Hitler montrera sa reconnaissance en rendant obligatoire la prière à Jésus dans l'école publique allemande et en réintroduisant la phrase « Gott mit uns » sur les uniformes de l'armée allemande.

En 1938, les SS et SA organisent la « Nuit de Cristal » : déguisés en civils, les miliciens nazis attaquent synagogues et magasins appartenant à des juifs. La population allemande est à la fois horrifiée et terrifiée. L'évêque de Freiburg, Monseigneur Grôber, déclare alors, en réponse à des questions sur les lois raciales et les pogroms de la nuit de cristal : « On ne peut refuser à quiconque le droit de sauvegarder la pureté de sa race et d'élaborer les mesures nécessaires à cette fin. »

En Espagne, un général tente un coup d'État militaire qui échoue et dégénère en guerre civile. L'Église le soutient, prêtres et évêques bénissent les canons de Franco et célèbrent en grande pompe des Te Deum pour ses victoires contre les forces du gouvernement républicain légitime. La guerre fait plus d'un million de morts et Franco fait fusiller les prisonniers. Franco se montrera reconnaissant envers ses pieux alliés en nommant plusieurs membres de l'Opus Dei au gouvernement. L'influence de l'Opus Dei croîtra au cours de la dictature franquiste au point que, dans le dernier gouvernement franquiste, plus de la moitié des ministres seront membres de cette "vénérable" institution catholique.

En France, l'Église déclare dès 1940 que « Pétain, c'est la France » : elle préfère en effet le Travail-Famille-Patrie de l'État Français à Liberté-Égalité-Fraternité de la République qui l'a toujours horrifiée.

Au cours de la 2° guerre mondiale, le Vatican est au courant des exterminations de juifs par les nazis. On saura après la guerre que le pape a hésité à lancer un appel public à plusieurs reprises mais s'est finalement abstenu de le faire essentiellement parce qu'il est communistophobe et pense qu'une victoire russe serait « pire ». En 1942, il pleure par contre parmi les ruines de Rome bombardée et condamne les bombardements Alliés. Hélas, il oublie de mentionner que son allié politique Mussolini avait sollicité auprès d'Hitler « l'honneur de participer aux bombardements sur Londres » — il est vrai que le pape n'habite pas à Londres...


1948


Le pape déclare que toute personne qui voterait communiste ou qui aiderait ce parti de quelque manière que ce soit, sera automatiquement excommuniée. La mesure divise des familles, provoque des exclusions socialement intolérables pour beaucoup et contraint à la clandestinité nombre de communistes en zones rurales.

Les curés italiens s'empressent de traduire cette décision dans les faits et appellent leurs ouailles à voter pour le grand parti anticommuniste (DC — Democrazia Cristiana). Le régime DC s'effondrera ensuite dans la corruption généralisée au milieu des années 1990.


1961


Dernière édition de l'Index (Index Additus Librorum Prohibitorum), qui cite comme auteurs dont l'ensemble de l'œuvre est interdite de lecture pour les catholiques entre autres : Jean-Paul Sartre, Alberto Moravia, André Gide. À noter que ni Mein Kampf de Hitler, ni les Mémoires de Guerre ni aucune des nombreuses autres publications du journaliste Mussolini devenu dictateur et   « Homme de la providence » ne seront jamais honorées d'une mention dans l'Index, ni avant ni après l'accession au pouvoir des deux dictateurs.


Années 1980


Après une période d'apparente libéralisation, le pape Jean-Paul II arrive à la tête de la plus grande secte du monde et renoue avec les traditions les plus terribles de l'Église.

On peut estimer que sa condamnation du préservatif comme moyen d'endiguer la lutte contre le Sida est responsable de l'extension de l'épidémie dans de nombreux pays pauvres. Il pratique une politique active de sabotage des mesures de contrôle des naissances dans le Tiers-monde (conférences de l'ONU au Caire, à Pékin, à New-York) : les conséquences de cette action sont difficiles à chiffrer mais se mesurent en terme de famine, de misère, de manque de soins médicaux au niveau des continents les plus pauvres (Amérique du Sud et Afrique).

Dans la chasse aux hérétiques, il suspend « A Divinis » deux théologiens allemands, Eugen Drewerman et Hans Küng, qui avaient osé douter, l'un de l'infaillibilité papale, l'autre de l'immaculée conception de Marie.


Années 1990


Guerres de religion en Yougoslavie

La Yougoslavie était dans les années 80 de notre siècle une des terres favorites de vacances balnéaires pour les européens. Les publicités yougoslaves de l'époque vantent le caractère multi-religieux du pays comme argument touristique car il est vrai que l'on peut voir à Mostar et dans beaucoup d'autres charmants villages, la mosquée et l'Église d'un même coup d'œil. Hélas, le pays s'effondre dans une série de guerres civiles que l'on se plaît à décrire comme « ethniques » alors qu'il s'agit en fait de guerres de religion. Le cas de la guerre de Croatie est le plus flagrant. Serbes et Croates partagent la même origine ethnique et aussi la même langue, le serbo-croate, que l'on appelle croato-serbe quand il est écrit en caractères latins. Le plus ironique est que le              «serbo-croate écrit en caractères latin», c'est à dire le croato-serbe, est aujourd'hui encore la langue officielle de l'armée Yougoslave qui se bat contre l'OTAN au Kosovo après s'être battue contre les Croates au début des années 90. Hélas, la religion sépare Croates et Serbes : les « Croates » ont été christianisés par Rome et sont catholiques tandis que les Serbes, qui écrivent le serbo-croate en caractères cyrilliques, ont été christianisés par les Byzantins et sont donc orthodoxes. Lorsque Milosevic commence à agiter le spectre de la « Grande Serbie », la Croatie déclare son indépendance. Aussitôt, le Vatican et la RFA (dont le chancelier de l'époque se proclame « uberzeugter Katholik » — catholique convaincu) reconnaissent la Croatie catholique comme État indépendant. Le Vatican dépêchera ses nonces dans tout l'Occident pour obtenir la reconnaissance du nouvel État catholique et le pape multiplie appels, prières et messes pour l'indépendance de la Croatie. Pendant ce temps, le dictateur de la Croatie, ancien officier supérieur sous le régime communiste et catholique pratiquant, fait licencier tous les fonctionnaires orthodoxes donc   « serbes ». Il choisit comme drapeau national l'ancienne bannière des Oustachis qui, entre 1940 et 1944, avaient fait un génocide d'environ 600 000 serbes. La guerre civile est déclenchée.

La guerre finie, le pape béatifiera le cardinal Stepinac qui avait qualifié Ante Palevitc, le dictateur Oustachi (1940-1944), de « Don de dieu » pour la Croatie et l'avait soutenu activement.

La guerre de Yougoslavie continue ensuite en Bosnie où les trois groupes religieux (catholiques, orthodoxes, musulmans) s'affrontent dans une série de combats triangulaires dont les populations civiles sont les principales victimes. La guerre au Kosovo, province agricole sans intérêt stratégique, a eu lieu en partie car il s'y trouve nombre de monastères orthodoxes que Belgrade ne veut pas lâcher. Il va de soi que l'église orthodoxe s'active pour soutenir par prières et sermons la lutte des serbes contre les Kosovars musulmans.

Les guerres de Yougoslavie sont un cas emblématique de la catastrophe de l'intolérance qui est inhérente aux religions  « révélées » : au 20e siècle, des communautés religieuses s'affrontent au nom de religions qu'elles ont reçues au Moyen-Âge, aux hasards de l'expansion de divers empires (romain, byzantin, ottoman...)


Références bibliographiques


1 • Intolérance religieuse dans l'Empire christianisé : voir Atlas du Monde Romain, éd. Fernand Nathan, 1984, ISBN 2-09-294104-8, et aussi l'immortel Décline and Fall of the Roman Empire de Gibbon.

2 • Hypathya : le fait est relaté dans l'excellent La rivoluzione dimenicata, de Lucio Russo, éd. Feltrinelli, 1998, ISBN 88-07-10210-2. Cet ouvrage est par ailleurs ce qui s'est écrit de mieux sur la science en époque helléniste et sur la défaite de la science contre le dogmatisme dans l'antiquité. Il existe une oeuvre récente publiée en anglais sur Hypatia : Maria Dzielska, « Hypatia of Alexandrie », de la série « Revealing Antiquity », n ° 8, Cambridge, Mass. : Harvard University Press, 1995, ISBN 0-674-43775-6

3 • Cyrille, évêque d'Alexandrie : le commanditaire du meurtre d'Hypatia et persécuteur des juifs d'Alexandrie étant Docteur de l'Église (une sorte de super-saint dont les enseignements sont significatifs pour la foi), il est largement cité dans de nombreux ouvrages. Ceux d'inspiration catholique ont une vilaine tendance à passer sous silence le rôle « politique » de Saint Cyrille et insistent sur son rôle dans les disputes théologiques sur la nature duale de l'homme-dieu Jésus. Voir par exemple l'Encyclopeadia Britannica, chapitre « Cyril of Alexandrie, Saint ».

4 • Inquisition : Encyclopaedia Britannica, chapitre Inquisition

5 • Torquemada : Encyclopaedia Britannica, chapitre Spanish Inquisition

B • Malleus Maleficarum : l'original est en latin. En allemand :

Der Hexenhammer (Malleus maleficarum), Jakop Sprenger, Heinrich Institoris, dtv Deutsche Taschenbuch Verlag, 1990, ISBN 3-423-02162-4. En français : Le Marteau des Sorcières, éd. J. Millon, Grenoble 1990.

7 • Expulsion des juifs d'Espagne : le fait est mentionné avec plus ou moins de détails dans tout livre dédié à Christophe Colomb. Entre autres dans Cristoforo Colombo de Gianni Granzotto et « 1492 » de Jacques Attali.

8 • Giordano Bruno : bibliographie de Giordano Bruno à :

http://www.infidels.org/library/historical/john_kessler/giord ano_bruno.html

9 • expulsions des Morisques d'Espagne : La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Fernand Braudel, Armand Colin, 1990, ISBN 2-200-37082-2. Voir chapitre 6 « Les civilisations ».

10 • Guerre des 30 ans : pour les dates, les chiffres sur les morts et destructions, consulter : dtv-Atlas zur Weltgeschichte, Deutscher Taschenbuch Verlag, 1987, ISBN 3-423-03001-1. Référence utile aussi pour d'autres points de la Page Noire (croisades, etc.). Pour une explication détaillée des causes religieuses du conflit, voir le chapitre Das Zeitalter des Dreiβigjâhrigen Krieges, par Golo Mann, dans le volume 7 des Propiläen - Weltgeschichte, Herausgeber : Golo Mann und August Nitschke, Propiläen Verlag, 1986, ISBN 3 549 05731 8.

11  • Affaire des réductions du Paraguay :

Les références sont ici incomplètes, l'auteur vous prie de l'en excuser :

• Jésuites, de Jean Lacouture en 2 volumes. L'« affaire des réductions » est à la fin du volume 1 et est citée comme l'une des causes de la suppression de l'ordre le plus intelligent de l'Église.

• Vie quotidienne des indiens au Paraguay du temps des réductions : très bon livre dont j'avoue avoir oublié le nom de l'auteur. De plus, je n'arrive pas à retrouver l'ouvrage.

•.Mission : un film de R. Joffé. Il idéalisait un peu le rôle des Jésuites (à mon avis).

12 • Chevallier de la Barre : voir le site web de l'association du chevalier de la Barre http ://assoc.wanadoo.fr/pour/cb

13 • persécutions religieuses contre Kant : le fait est cité dans toutes les biographie du philosophe et aussi par exemple dans les excellentes introductions à Kant de DTV (Deutscher Taschenbuch Verlag), comme Kant fur Anfäger - Der kategorische Imperativ de Ralf Ludwig

14 • fascisme italien : voir l'excellent Fascisti, de Giordano Bruno Guerri, Arnoido Mondadori Editore, 1995, ISBN 88-04-42117-7. Il explique en détail le processus qui porta au concordat, le        « sacrifice » des associations catholiques, la mise au pas de l'Action catholique par la hiérarchie de l'Église et aussi comment le catholicisme fut un facteur d'acceptation du régime pour nombre d'italiens. Voir aussi les émouvantes photos du pape avec son ami Mussolini dans Mussolini, l'album di una vita de Mario Cervi, Rizzoli, 1992, ISBN 88-17-85305-4. Voir p. 88 pour la décoration attribué à Mussolini par le pape qui le qualifia « uomo della provvidenza ».

15 • soutien du Zentrum à Hitler. L'ouvrage le plus récent et le plus précis sur le sujet est Hitler - 1889 - 1936, lan Kershaw, The Penguin Press, 1998, ISBN 0-713-99047-3. Voir en particulier le chapitre « The Making of a Dictator » sur l'aide du Zentrum et de la hiérarchie catholique à Hitler pour obtenir les pleins pouvoirs et instaurer le régime à parti unique.

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