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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Communiqués nationaux

arton1011-59edeLe gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé d’engager la ratification parlementaire par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. C’est une mauvaise nouvelle pour les partisans de l’unité de la République.


De reculs en reculs, le Président de la République ne cesse de concéder des avantages aux réactionnaires de tous poils. Sur le plan économique, c’est la sébile publique tendue au MEDEF, sur le plan de la laïcité, c’est le maintien de la loi Debré, la pérennisation du Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle, la visite au pape. Sur le plan des libertés démocratiques, c’est le refus de la PMA et de la GPA pour faire plaisir aux religieux de tous les monothéismes, et la restriction croissante de la sphère privée où agissent la liberté de conscience et les libertés publiques.


Pour tenter de se concilier les bonnes grâces des partisans de l’Ancien-Régime et des anciennes provinces, la majorité actuelle veut faire le cadeau de la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Ceci amplifiera les conséquences désastreuses de l’Acte III de la décentralisation dont l’objectif, selon Marylise Lebranchu, est de donner le pouvoir réglementaire aux régions.


C’est-à-dire de pouvoir faire la loi, les lois, décrets et circulaires. Autant dire, que l’égalité des citoyens devant la loi risque de passer à la trappe et d’être sous le boisseau des intérêts corporatistes et communautaristes des nouveaux barons locaux. Sous l’apparence d’évidences : qui peut être contre l’existence maintenue des langues régionales, minoritaires, idiomes et autres patois ? Il s’agit de défendre la Culture, avec un grand C majuscule. Mais s‘agit-il vraiment de cela ? Rappelons que cette Charte ne vise qu’à promouvoir les langues régionales et minoritaires qui existent sur un territoire donné.


Il ne s’agit pas de l’espagnol, de l’allemand, de l’italien, de l’arabe dialectal, ni même de l’argot ou du verlan. Il s’agit de mettre en avant des langues qui permettront de démanteler le socle uni du territoire de la République. Il s’agit de créer un monstre sur le modèle de celui de Frankenstein : des morceaux de ceci, des morceaux de cela pour « inventer » de toutes pièces des nouveaux territoires avec des lois, des droits, des contraintes différentes.


C’est contre la France d’Ancien-Régime et ses iniquités que, ce qui n’était pas encore la Nation, en 1788/1789 dans les Cahiers de doléance pour la tenue des Etats Généraux le peuple, pas encore souverain, demandait la fin des barrières d’octroi et une langue qui permettait à tous de se comprendre, d’échanger, de commercer, bref, de pouvoir vivre ensemble.


La ratification de la Charte européenne a un parfum de nostalgie d’un monde qui a été balayé par l’Histoire de l’Humanité et de la civilisation. Cela serait un gigantesque retour en arrière de la Culture qui vise à transmettre les connaissances communes. Là, cela sera chacun au pied de son clocher, de sa paroisse, de sa tribu, de son clan. C’est le communautarisme érigé comme un mur de séparation entre les citoyens.


En 1999, la Libre Pensée, avec d’autres partisans de la défense de l’unité de la République, avait organisé la mobilisation contre cette ratification, déjà proposée par un gouvernement « socialiste ». Il ne saurait être question d’accepter aujourd’hui ce que nous refusions hier.

C’est pourquoi la Libre Pensée convie les laïques, les démocrates, les républicains, les syndicalistes, les militants à se rassembler à la Bourse du Travail de Paris le samedi 17 mai 2014 après-midi pour faire échouer à nouveau cette tentative réactionnaire. La mobilisation commence.

La République doit rester une, indivisible, laïque et sociale. Cette définition est en devenir permanent. « Aller vers l’idéal en comprenant le réel » disait Jean Jaurès. Une nouvelle fois, donnons-lui raison.

La Fédération nationale de la Libre Pensée

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