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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Tribune libre

Avez-vous jamais entendu parler de cet incomparable outil démocratique qu’est le « barodet » ?

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Cherchant moi-même à exercer de façon responsable mes droits de citoyen afin d’apporter ma pierre à la construction et à l’entretien de la démocratie, je rougis un peu d’avoir ignoré ce dispositif essentiel jusqu’au week-end des 4 et 5 février 2012. Fort heureusement, mes enfants m’avaient offert pour l’année en cours une éphéméride intitulée « Pourquoi dit-on ? », de la série des « Almaniaks ® » ; je leur dois cette fabuleuse découverte.

La fin de l’année se profilant sans que j’en sois remis, je ne puis laisser arriver l’an nouveau sans partager avec vous cette précieuse révélation qui mérite de ne pas sombrer dans les limbes de l’année 2013. Cet « Almaniaks » mérite donc la retranscription très partielle de moins d’un trois centième représenté par cette page.

On lit en effet à la « semaine 5 » des informations d’inégale valeur. On nous révèle là que Sainte Véronique et Sainte Agathe ont toutes deux jeté leur dévolu sur ces jours-là pour célébrer leurs propres festivités, ce qui ne me fait ni chaud ni froid. Précaution fut prise en effet pour donner à mes enfants des prénoms que fuirent les postulants à la béatitude et jusqu’à présent ils ne s’en portent manifestement pas plus mal.

On apprend ensuite que les natifs du jour se place sous l’égide, on trouve l’explication de l’expression en un autre jour, du signe des gémeaux sans nous préciser s’il s’agit ou non des signes zodiacaux actualisés et l’on voit là combien le destin tient à peu de choses. Mais surtout …

Surtout on trouve le précieux « BARODET » !

 

*****

 LE BARODET :

Ce document est établi depuis les débuts de la IIIème République à chaque législature pour recueillir les programmes et engagements électoraux (les professions de foi) ces candidats élus députés. Par métonymie empruntée au langage parlementaire, il désigne un tableau exposant l’ensemble des engagements pris par les députés devant leurs électeurs ».


Exemple :

« Le livre parlementaire, le " BARODET ", d’aspect terne et mol, était littéralement dévoré par les mites, tel un fanion grisâtre, marqué, usé, de combat en combat. »

Léon Daudet, Bréviaire du journalisme (1936).


Explication :

« Il doit son nom à Désiré Barodet-1823-1906), instituteur, agent d’assurances, républicain, maire de Lyon en 1872 représentant à l’Assemblée Nationale, député et sénateur de la Seine. La résolution déposée le 11 novembre 1881 et adoptée le 7 février 1882, avec effet rétroactif. Depuis les législatives de 1881, toutes les professions de foi des candidats sont donc réunies sous forme de registres imprimés par le Journal officiel. Surnommé le « Barodet », le recueil a paru jusqu’à la fin de la IIIème République. Puis il a été repris à partir des législatives de 1951, suite à une nouvelle résolution en date du 28 juillet 1950 : « Il est établi, au début de chaque législature, par les soins du Secrétariat Général de l’Assemblée Nationale, un recueil de textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés élus à la suite des élections générales.  (Article 164 du Règlement de l’Assemblée nationale, abrogé en mai 2009). »


*****

Il est merveilleux, n’est-il pas ? dirait la reine d’Angleterre.

Voyez donc combien sont mauvaises langues tous nos humoristes et journalistes qui disent par exemple « Un pour tous, tous pourris ! » quand ils évoquent la classe politique de notre pays

 

Voyez ce merveilleux dispositif qui permit à la population entière de contrôler l’activité de ses parlementaires et voyez ce nouveau mauvais coup que nous fit la Vème République en 2009 ! Quel était le Président ? Coluche nous le donne Emile.

Voyez un peu le coup de Jarnac (voir Almaniaks), car depuis 2009 nos députés ne sont plus tenus par leurs engagements électoraux puisqu’ils ne peuvent plus aller réviser leur leçon au secrétariat général de l’Assemblée. Comment pourraient-ils donc en seconde main contrôler que les présidents successifs mettent leurs propres engagements en œuvre ?

Décidément, qui se lèvera en montant sur son tonneau afin de proclamer  l’urgence du rétablissement du barodet ?! Quel homme politique aura le courage de présenter un nouveau texte pour que cette mesure de salubrité publique soit rétablie ?! Que fera –t-on aux députés qui trahissent leurs promesses, donc par suite le mandat qu’ils ont sollicité du peuple, et enfin que fera-t-on d’eux ??

Mais, après m’être fait auprès de vous l’agent du barodet, une question me monte aux lèvres et peut-être vous est-elle venue plus vite qu’à moi-même ?

Ne manquerait-il pas dans les informations fournies par « Almaniaks » quelques exemples de situations où ce registre aurait servi à autre chose que de nourrir « La rongeuse critique des souris », selon une formule que je crois avoir lue dans « Dialectique de la Nature » ? Car une observation s’impose face à ce dispositif si bien intentionné : quelle structure autre que celles que se donnent les citoyens librement organisés pourra-t-elle bien un jour contraindre les élus de toutes obédiences à mettre en œuvre le mandat sollicité et obtenu. Et l’exercice de la démocratie ne consisterait-il pas à tout simplement ou bien à « faire ce pourquoi l’on a été élu », ou bien à remettre son mandat au peuple ?

Ch. Joly, Nice, décembre 2012

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