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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Communiqués nationaux

img_0177.jpgA notre très chère Josiane, son épouse,

 

A ses filles Corinne et Dominique,

 

Et à vous tous les petits enfants de Marc,

 

Mesdames, messieurs,

 

Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,

 

Mes Sœurs et mes Frères,

 

 

J’adresse à la famille de Marc, à ses amis, camarades, Frères et Sœurs au nom de la Fédération nationale de la Libre Pensée et de l’Association internationale de la Libre Pensée nos plus sincères condoléances attristées et le témoignage de notre profonde solidarité et amitié dans cette douloureuse épreuve.

 

Quand un être cher s’en va à tout jamais, c’est un morceau de soi-même qui est détruit. Cette perte est irréparable et elle le restera. C’est un moment du monde qui disparait.

 

Marc était un maillon de la grande chaîne d’union de l’Humanité. Il y a eu des milliards de chaînons avant, des milliards pendant, des milliards après. Cela s’appelle la vie. L’Humanité ne meurt jamais.

 

L’important sera toujours ce que chacun fait entre le début et la fin de sa vie.

 

Et à cette aune-là, l’action de Marc est immense. Militant syndical avant tout, militant syndical toujours. Il incarnait la cause ouvrière de tout son être. Jusqu’à son dernier souffle, il s’est battu. Jusqu’au dernier moment, il écrivait encore et continuait toute son action inlassable pour laquelle il n’a jamais dévié : la défense des travailleurs.

 

Fidèle en amitiés, loyal avec ses camarades, fraternel jusqu’au bout des ongles, il avait le cœur sur la main. Combien d’interventions couronnées de succès a-t-il fait pour des camarades dans le besoin ? Il n’a jamais tenu de comptabilité en la matière. Et pourtant, il a sorti une légion de camarades de la difficulté dans laquelle ils étaient.

 

Marc ne voulait pas qu’on le remercie. Il n’en parlait jamais. Pour lui, ce qu’il faisait pour la cause commune, lui était permis par ses responsabilités. C’était une chose normale. La vie et son action militante l’avaient amené à cette position sociale. Il n’en tirait aucune gloire. Il était un militant de la cause ouvrière.

 

Quand on allait déjeuner chez lui et Josiane, il disait toujours : n’amenez rien. Et, en effet, il n’était pas nécessaire d’amener quoique ce soit, c’était la corne d’abondance. Josiane et Marc avaient du plaisir à faire plaisir aux leurs.

 

Marc était en fait un grand timide qui se protégeait par sa truculence. Mais il n’avait jamais oublié qu’il était un môme des milieux populaires.

 

Cette conscience de soi et de son milieu d’appartenance, il la partageait avec d’autres. Notamment ses camarades, nos camarades, Pierre Lambert, Alexandre Hébert, Claude Jenet et tant d’autres.

 

Que de chemins différents, mais une seule cause : la classe ouvrière.

 

Ce sont les grands principes de la cause ouvrière, démocratique et laïque qui les amenèrent à converger ensemble :

 

Il n’y a pas de démocratie possible, si le syndicalisme n’est pas libre ou s’il est dans les fers.

 

Il n’y a pas de démocratie possible si la liberté d’association n’existe pas.

 

Il n’y a pas de démocratie possible si la liberté absolue de conscience n’est pas garantie par la Séparation des Églises et de l’État.

 

Il n’y a pas de démocratie possible si la dignité des travailleurs n’est pas assurée, notamment par la défense de la Sécurité sociale.

 

Un peuple qui en opprime un autre ne peut être un peuple libre. C’est pourquoi, Marc et tous ses camarades se retrouvèrent dans le combat pour l’indépendance du peuple algérien et contre la sale guerre d’Algérie. Ils étaient profondément internationalistes.

 

Ces principes intangibles, Marc les a fait vivre dans la vie. Dans le syndicalisme, il y a un avant Marc Blondel. Il aura marqué durablement de son empreinte l’action présente de son organisation syndicale qui continue dans la voie tracée. Il n’est au pouvoir de personne d’effacer cela.

 

Marc est devenu Président de la Libre Pensée au congrès de 2007. Libre penseur, il l’était depuis toujours. Comme Obélix, il était tombé dans la marmite tout petit. Depuis, il a œuvré sans cesse pour le développement de notre association. Il lui a donné tout son temps, son talent, ses relations, sa culture, sa vie et aussi beaucoup de sa santé.

 

Nous ne remercierons jamais assez Marc de son dévouement à notre cause. Comme un afficionado, il se jetait dans la mêlée avec toute sa force et sa volonté. Il nous a ouvert toutes les portes. Quand nous allions dans les ministères, il y avait un rituel, souvent, il discutait avec l’huissier, la femme de ménage, le garde républicain et le ministre poireautait d’autant. Il aimait faire cela pour marquer symboliquement son appartenance ouvrière et qu’il venait d’un milieu modeste. Il n’a jamais eu admiration pour les ors de la République.

 

Il fut un des dizaines de milliers de jureurs le 18 juin 1960 à Vincennes pour exiger l’abrogation de la loi Debré.

 

Il fut toujours fidèle à ce serment qu’il avait prêté à 22 ans. Ils ne sont pas légion aujourd’hui ceux qui y sont restés fidèles. C’est pourquoi, tout naturellement, il s’engagea dans la bataille de la Libre Pensée pour l’abrogation de cette loi funeste et antilaïque.

 

La grande cause qui l’anima ses dernières années fut le combat pour la réhabilitation collective des 650 Fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914-1918. Cela le prenait aux tripes.

 

Ses grands pères avaient connus la guerre, il vivait cela au fond de sa chair. Ce combat n’était pas désincarné, il le ressentait profondément.

 

Pour cette cause, il nous a ouvert toutes les portes à nouveau. Nous étions sur le point d’aboutir en novembre 2013. Mais les reniements, les fausses promesses, les mensonges ont différé cette réhabilitation qui n’est qu’œuvre de justice. Nous gagnerons : la République réhabilitera les 650 Fusillés pour l’exemple. Et que personne n’oublie que la République, c’est aussi nous. Par mémoire, par hommage pour Marc, nous irons jusqu’au bout de ce combat de justice.

 

Mesdames, messieurs,

 

Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,

 

Mes Sœurs et mes Frères

 

Le véritable tombeau de Marc sera toujours dans le cœur de celles et de ceux qui l’ont aimé et qui l’aimeront toujours.

 

Le véritable tombeau de Marc sera toujours dans la mémoire et la conscience de celles et de ceux qui se souviendront de lui.

 

Le véritable tombeau de Marc sera toujours dans l’action de ceux qui continueront sur le chemin qu’il a initié et qui continueront son combat.

 

Les philosophes grecs disaient « Tant que l’on parle de toi, tu n’es pas mort ». Notre devoir est donc tout tracé.

 

Tes camarades seront toujours avec toi.

 

Salut et Fraternité, Marc.

                                                                             Christian Eyschen


josiane

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