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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Tribune libre

Par Gilles VOIRIN

 

"La foi qu'on a eue ne doit jamais être une chaîne. On est quitte envers elle quand on l'a roulée dans le linceul de pourpre où dorment les dieux morts".

    E. Renan

 

C'est l'exergue du livre de Perrodo "Prêtre j'ai choisi la liberté". Il dédia ce livre : " À ma chère compagne". Deux pôles de sa vie qui sont conformes à son idéal : la "liberté" et sa compagne.

"J'ai désespérément, de toutes les forces de mon être, cherché "l'eau vive" dont parle St-Jean (IV, 10).

 "Il est difficile, reconnaît-il par expérience, de se décanter, de se désintoxiquer totalement".

"Il est beaucoup plus facile de faire éclater un engin atomique qu'un préjugé et, plus particulièrement, un     préjugé d'ordre religieux ou clérical".

 

Parmi les prêtres défroqués bien connus des libres penseurs*, Henri Perrodo Le Moyne est certainement celui qui a eu la destinée la plus atypique. Voici un résumé de sa vie tiré de ce livre et suivi de la citation de quelques une de ses réflexions, qui démontrent une vision très réaliste de la perversité de la religion catholique.

 

"Lecteurs qui voudrez bien parcourir ces lignes, sachez que je m'accuse d'avoir cru devoir demeurer prêtre de l'Église romaine, alors que, progressivement, je comprenais que je n'étais que l'esclave d'une institution dont la puissance et le prestige sont fondés sur l'imposture. 

Que de fois, j'ai résolu d'en finir ! Que de fois, j'ai voulu revenir à la vie civile et fuir à jamais les antres sacrés du men­songe !

Et puis, j'ai compris ce à quoi je m'exposais. J'ai eu peur de sentir sur moi la réprobation de tous ceux que j'aimais. Je songeais aussi à l'immense et immérité chagrin que je causerais à mes père et mère.

Voilà pourquoi j'ai eu le courage de ne pas en avoir..."

 

Henri Perrodo est né en 1905 dans le Morbihan d’une mère très pieuse et d’un père capitaine au long cours.

Alors que son père voulait qu'il devienne marin, il entre au séminaire.

 

"D'abord, élève de l'école laïque, la chère école Franklin de Rouen, et ce par la volonté paternelle, j'entrai ensuite au Petit Séminaire, sous la persévérante impulsion de ma mère qui, soutenue par le clergé, triompha du veto paternel.

    Huit années de Petit Séminaire…

   Cinq années de Grand Séminaire…

   Quelle intoxication religieuse !"

 

"Le séminaire est un lieu où l'on désapprend la vie, un lieu où l'homme, déjà catéchisé, apprend la perfidie et l'hypocrisie doctrinales, érigées en vertus, et ce systématiquement."

 

Le prêtre

Il fut prêtre pendant dix-huit ans, porta la soutane vingt ans et célébra plus de sept mille messes.

 

"La messe ! La Sainte Messe ! disent les prêtres. En une petite demi-heure, dire la messe, c’est-à-dire se déguiser, réciter des prières, faire des incantations et de la magie, c’est gagner facilement sa journée. Car la messe se dit pour mille et un motifs.

Victor Hugo a écrit courageusement :

« Ils diront, si tu veux, la messe pour ton chien ! »"

 

En 1932  il assiste aux conférences d'André Lorulot et deviendra son contradicteur attitré.

 

" 1932-1933. C'est à cette époque de ma carrière ecclésiastique que je fis connaissance, sur les tréteaux, d'un des plus spirituels et des plus brillants conférenciers d'entre les deux-guerres, André Lorulot, président et cheville ouvrière de la Libre Pensée. À plusieurs reprises, je pris la parole en public en qualité de « contradicteur » de cet homme qui devait devenir plus tard mon ami. La clarté de son argumentation, les horizons nouveaux qu'il m'offrait, sa courtoisie à mon endroit ont provoqué chez moi d'innombrables et salutaires réflexions. J'ai essayé de le comprendre. Le fait d'avoir « essayé » m'a permis de m'engager plus avant. Merci, grand et cher disparu. Tu restes vivant dans mon souvenir ému.

Ah ! Certes, tu n'étais pas tendre pour les « colporteurs religieux de l'ignorance et du mensonge », les « marchands du temple » et les « mercantis de la messe ».

Un vrai Christ ne t'aurait pas renié.

Comme ces prêtres qui célèbrent la messe chaque jour, et même plusieurs fois par jour, comme ces simoniaques du sanctuaire à qui tu reprochais un commerce facile et blasphé­matoire, moi aussi, cher André Lorulot, au lieu de te suivre lorsque j'avais trente ans, au lieu de me ranger à tes côtés, j'ai préféré écouter la Sirène-Église et rester fidèle à ses principes, ses méthodes et ses abus de confiance. En disant la messe, en la chantant des milliers de fois, j'ai, à l'instar de toute l'Église, osé vendre du dieu en tout et en partie et le « fractionner » dans l'hostie avant l'instant de la manducation.

J'ai touché le salaire de la peur."

 

Le confesseur

Il devint confesseur à l'âge de vingt-cinq ans. Cette position "de cambrioleur des âmes" n'a cessé de le tourmenter tout au long de son sacerdoce, au point d'y consacrer la rédaction d'un livre: "La vérité sur la confession"

 

"Le prêtre, c'est l'homme du sombre confessionnal où se pourrit la morale humaine."

 

"Assis derrière la porte grillagée, l'étole violette sur les épaules, j'ai passé des milliers d'heures à distribuer des conseils, à écouter des confidences, des aveux plus ou moins" ragoûtants "et effrayants, des soupirs d'hystérie, des révélations d'érotomaniaques civils ou religieux, des révélations portées contre autrui, des "renseignements" intéressés et peu intéressants, des balivernes, des calembredaines et des actes de contrition qui ne devraient contrister que Dieu lui-même , s'il se donnait la peine d'écouter.

 

"Trop de "saintes petites garces" n'hésitent pas à torturer l'imagination du confesseur en racontant ou en inventant ce que la morale réprouve".

 

"Plus une cliente est jolie, plus la confession est longue" disait un curé de choc !

 

Le prêtre soldat

Incarcéré quelques mois en 1941 par l'occupant, il est de nouveau appréhendé en 1943, mais réussit à s'évader du local de la Gestapo, rue du Donjon à Rouen.

Pourchassé par les allemands et trois gendarmeries, il gagne le large prudemment. Il fut recueilli par Mlle Obrou, sa future épouse et Mme Dutordoir, institutrice à St-Arguan-sur/Ry qui lui fit des faux papiers, le baptisant du nom de Le Moyne.

Désormais, il s'appellera Roger Le Moyne.

Vainement, dans sa fuite, il cherchera un soutien auprès des différentes autorités ecclésiastiques.

"Mon petit, nous ne pouvons vous garder, car vous êtes recherché" (Cardinal Suhard)

Découragé, sans ressources, ne possédant que quelques tickets de pain, "matières grasses" et autres, et, après quelques péripéties, il gagne l'Auvergne.

À St Flour il fit connaissance de plusieurs dirigeants maquisards et devint aumônier départemental puis aumônier régional des maquis d'Auvergne.

 

 "Au milieu des héroïques clandestins, je trouvais le plus fra­ternel accueil. Ceux-ci, du moins, se révélaient plus francs, plus courageux et plus charitables que ces prélats qui avaient empantouflé leur christianisme.

Progressivement, je découvrais la vérité : ensoutané, je me sentais solitaire dans de vrais milieux humains. J'étais amené à comparer et petit à petit à opter. Le doute fit place à l'inquié­tude puis à la sérénité. À mesure que mon esprit et mon cœur s'écartaient des prétendus sosies de Jésus, ils se gonflaient et s'humanisaient en compagnie des humbles, sans prétentions et sans hypocrisie morale, je sentais monter en moi une nouvelle sève, une paix profonde."

 

A la libération, comme chef de l'Aumônerie militaire catholique de plusieurs départements du centre de la France, il rencontre à Paris le nonce apostolique Roncalli , le futur pape Jean XXIII.

 

"J'ai conversé avec lui et mangé à sa table. C'était le roi des bons vivants, lutinant volontiers les croyances et les méthodes de son Église, de cette Église dont il était à la fois le champion et le persifleur...

Il se moquait éperdument des sept têtes du grand Saint Jean-Baptiste vénérées en sept endroits différents :

— Il était si grand qu'il a bien fallu le prouver, disait-il. Et puis, Jésus a bien multiplié les pains dans le désert... On a multiplié les crânes de Saint Jean-Baptiste. La belle affaire ! L'Église a bien fait d'autres miracles !

C'est peut-être M. Roncalli qui a inspiré à Roger Peyrefltte cette réflexion savoureuse : « Le plus grand prodige de la Religion est de rendre les fausses reliques aussi miraculeuses que les vraies » . (Les Clefs de Saint Pierre).

Ce pape était pétri de romanisme et de romanités, un pur produit de la Commedia dell'arte où le vrai et le faux se donnent des arguments. Il s'efforçait sans cesse de faire oublier aux autres qu'il était aussi un prêtre..."

 

Comme Candide il aimait "cultiver son jardin". Il troquait la soutane contre une salopette dans le jardin du presbytère, d'où des "avertissements" de l'Archevêché.

Il quitte l'Église en 1946, mais reste encore attaché au christianisme et à la personne de Jésus.

 

"Non je ne regrette rien. Rester dans le sacerdoce par amour pour ses pères et mère, est-ce une faute ?"

 

"L'être religieux se cuirasse de fictions. L'homme qui s'élève au-dessus des dogmes et des fictions confessionnelles se revêt de lumière".

Perrodo fut "un fils de la lumière".

 

"Je sais où je vais. A la mort inéluctable. Je ne tremble pas devant la réalité la plus certaine qui soit".

"Je crois pouvoir vivre et mourir dans la plus totale sérénité".

 

Comme pour G. Las Vergnas* l'Église lui aurait pardonné sa "désertion", mais contre son militantisme "Libre Pensée" elle aurait accepté le marchandage d'une réinsertion avantageuse (?). Des prêtres mariés (et des évêques) peuvent dans le silence propice, être tolérés faute d'être brûlés ou excommuniés comme au bon vieux temps.

II a tenu à vivre, avec sa compagne, le reste de ses jours en cette "Résidence" (Ndr. Maison de retraite de la Libre Pensée) qu'il aimait tant.

Au sein de la Libre Pensée, Perrodo fut un conférencier apprécié, un méthodique et persévérant directeur de la Calotte et collaborateur de la RAISON. Il y écrira et y dessinera sous la signature de « P. Le M. »

 

Voici un article qu'il écrivit en mars 1972 dans La Raison n°165:

 

MESSAGE A LA JEUNESSE

 

Émile Zola écrivait : « Jeunesse, souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure ».

 

Dans 28 ans, l'an 2000... Que sera-t-il ? Constat d'une des plus grandes faillites de tous les temps ou aire d'envol vers un plus grand bonheur ?

Raoul Follereau a écrit : « L'histoire se souvient de la grande terreur de l'an mil. Son premier jour devait sonner la fin du monde. Ce jour passa...et il ne se passa rien ».

Qui a suscité la grande terreur ? C'est ce à quoi M. Follereau ne répond pas parce que c'est l'Église qui l'a provoquée et organisée afin d'inciter les « bonnes âmes » à donner tous leurs biens pour leur salut. L'origine de fortunes scandaleuses de certaines institutions et des familles soi-disant nobles remonte à cette époque où les exploiteurs de l'incommensurable crédulité de la foule prêchèrent l'imminente fin du monde.

Aujourd'hui, au terme du 2e millénaire, la crainte règne de nouveau dans le monde. L'angoisse indicible martèle les esprits réfléchis.

La folie des armements... le crime de tous ceux qui préparent la guerre offensive ou défensive... l'erreur inhumaine qui consiste à mettre son salut ou sa future victoire dans la possession et la multiplication des engins atomiques... la duplicité de tous ceux qui vous serinent les belles paroles du « Sermon sur la Montagne » et qui n'ont qu'un objectif : dominer.

Oui, les hommes sont las de toutes les religions. Les vrais hommes les rejettent parce qu'elles sont le mensonge, certes revêtu de beaux oripeaux, mais qui fleurent le moisi et le sang.

Les pacifiques n'ont jamais été vraiment du côté des porteurs de vérités révélées et tous ceux qui ont adoré des hommes, tels que ces imposteurs que furent prophètes, rois, empereurs ou dictateurs, étaient et sont de pauvres types. Aucun homme dit providentiel ou sauveur n'a apporté et n'apporte encore quelque chose à l'humanité. Bien plus, sans les prétendus sauveurs, l'humanité eût été moins divisée, moins chroniquement ensanglantée.

L'an 2000, constat de faillite, côté des politiques et des religions ? Il faut bien le reconnaître. Il y a dans le monde trop d'hypocrisie, trop d'égoïsmes et trop d'injustices. Tout cela engendre le désordre et la violence. Ni les religions ni les politiques n'ont été des phares, des freins salutaires. 80 millions d'hommes sacrifiés, rien que dans les guerres du siècle... En 1914, on parlait de la « der des der »... Quelle erreur ! La sauvagerie, sanctifiée, sacralisée par les religions défendant leurs respectives civilisations (ou ce qui s'appelle faussement ainsi) a patronné près de cent guerres dans ce siècle.

Le monde, gardant jalousement ses frontières et pratiquant un nationalisme toujours dangereux, prépare avec ardeur « la prochaine dernière ». Aucun de ces prétendus sauveurs de l'humanité n'y est étranger. La "bombinette" dont la légitimité a pratiquement été reconnue par le concile entre cent protestations de pacifisme intégral, ouvre la voie sanglante aux engins nucléaires offensifs, lorsqu'il faudra soi-disant se défendre.

Le courrier de l'UNESCO prévoit que le budget mondial des armements, étalé sur une décade, dépassera quatre mille milliards de dollars soit 22500 milliards de nos francs.

Voilà pourquoi le tiers monde connaît la misère, la famine. Voilà pourquoi, voilà surtout pourquoi les pauvres sont encore légion. Tout homme conscient s'effraie devant l'avenir réservé à l'humanité. Le présent fait honte.

On parle actuellement du respect de la nature et nous approuvons entièrement ce qui a déjà été fait et ce qui sera fait demain... mais, à Noël, pour le contentement idiot des drôles, petits ou grands, que sont ceux qui se croient « civilisés », on a détruit des millions de sapins et autres conifères. Ce qui s'est passé à Amiens et dans des milliers de villes est scandaleux. Des spécialistes ont déclaré en janvier 1970 : « Dans dix ans, au train où vont les choses, la situation des hommes sur la planète sera désespérée. Nous aurons détruit toutes les sources de vie sur le plan animal et même — par la raréfaction de l'eau douce — sur le plan minéral ».

On se demande si l'homme existera encore aux approches de l'an 2000. La planète ressemblera-t-elle demain à notre satellite la lune ? Au train où vont les folies des hommes, on peut se le demander... Est-ce le point de non-retour ?

Oui, si le monde se contente de ce qui est, du mal qui insidieusement se cache derrière les masques des sauveurs, des leaders providentiels, de la science déroutée du véritable progrès.

Le salut de l'humanité ne se situe ni dans le particularisme étriqué des religions, ni dans les clans et les patries. Notre patrie, ce n'est pas une configuration entourée de frontières ni une confession se disant plus divine que sa rivale. Notre patrie, c'est le monde entier.

Citoyens du monde ! Vous serez fiers de le devenir, vous les jeunes ! Mais déjà, n'avez-vous pas dans le cœur la conviction profonde qu'il ne faut pas remettre à demain ce qui doit être réalisé sans tarder ? La vie, qui semble condamnée sera sauvée par vous. Il faut le vouloir. Parce que vous saurez vous insurger contre toute injustice, parce que vous vous unirez contre tout ce qui freine la libération de l'homme et de la femme sous le couvert d'un civisme d'esclave, d'un patriotisme étroit, d'une croyance irraisonnée et irrationnelle.

Des milliers, des millions vraisemblablement parmi vous n'acceptent plus la guerre, la domination de l'argent, la famine et la misère, pas plus que la sujétion comme autant de fatalités. Jeunes, vous vous refuserez tous à l'éventualité des guerres. Ah ! Si tous les gars comme vous savaient se donner la main et ne pas se laisser traiter en moutons dociles !

Rejetez les idées toutes fabriquées et accolées à des systèmes de conditionnement de l'individu, de la famille et de la société. Rejetez les combines, le système D, les truquages et les maquignonnages.

Ayez une conscience droite dans un corps sain, une rigueur qui rejette les facilités du pardon propres à la prière et à la confession.

Dans tout homme, il y a toi. Dans toi, il y a tout homme... et crois bien que je ne joue pas au pléonasme.

Et puis, si tous les anciens combattants voulaient aussi supprimer à tout jamais tout ce qui rappelle la guerre ! Toute manifestation guerrière — dite du souvenir — sent la poudre. Elle légitime, par avance, d'autres futurs carnages. Tout est à revoir à ce sujet.

Si toutes les mamans savaient supprimer des mains des petits tout ce qui excite aux innocents combats, préludes dangereux à de mortels affrontements !

Jeunes, qui aspirez à voir l'an 2000 dans une aurore radieuse, ayez la passion de la liberté ! Luttez contre tout ce qui salit, contre tout ce qui rabaisse l'homme et la vie. Luttez contre les accapareurs bardés d'idéaux qui ne sont que des prétextes. Rejetez ces immondes doctrines inventées par les pires ennemis du bonheur humain ; le peu de bien qu'elles ont procuré au monde n'effacera jamais les horribles forfaits qu'elles ont provoqués. La religion, le militarisme, l'argent ont divisé, sali, dégradé, avili, des générations jusqu'à nos jours. Ne soyez pas leur esclave, mais au contraire, mettez-les à votre merci. Pour vous en libérer, il faut les combattre chaque jour, à chaque instant.

Les politiques et les religions vous serinent sans cesse le mot Amour. Ce mot est si usé, si galvaudé. Que signifie-t-il encore ? C'est un mot- guimauve dans la bouche des hommes qui précisément sont des loups rapaces. À vous de réhabiliter ce mot. À vous de l'ennoblir. N'oubliez pas que ceux qui parlent de l'amour du prochain ne sont réellement que les honteux louangeurs d'un monstre dont la seule excuse est de ne pas exister.

Jeunes, aidez-vous vous-mêmes et les uns les autres, car le ciel ne vous aidera pas, le ciel ne peut vous aider. Fuyez les illusions qui affaiblissent et paralysent gravement la volonté.

On ne fait pas un vêtement neuf avec de vieilles étoffes. Le passé ne peut aider à établir des ponts solides entre les hommes, car les politiques et les religions ont placé devant eux d'effroyables précipices.

Ne vous grisez pas avec des grands mots qui séduisent les esprits faibles. Méditez les simples, claires et vivifiantes propositions de la Libre Pensée, trait d'union incomparable entre tous les membres d'une même humanité. Alors, vous chasserez tout ce qui est faux, vil, dégradant.

Sachez qu'il n'y a pas de miracles et que c'est vous qui construirez votre bonheur et celui de vos semblables. Soyez des chercheurs et des hommes de caractère, vous défiant des fables et rejetant les fictions. Ne cherchez pas à briller, mais à servir.  

Ne soyez pas de ces lâches qui estiment que la vie présente n'est pas la seule qui mérite d'être vécue. C'est cette vie présente que vous défendrez ardemment, en union avec tous ceux qui, luttant contre les exploiteurs traditionnels de l'homme, en sont ses courageux défenseurs.

C'est dans la Libre-Pensée que vous les trouverez ; alors l'an 2000 sera une aire d'envol.

Henri PERRODO-LE MOYNE,

Directeur du journal

« La Calotte ».

 

Perrodo l'écrivain:

Outre les livres déjà cités "Prêtre j'ai choisi la liberté" et "La vérité sur la confession" il a écrit également : "Napoléon devant les religions " - "La guerre doit faire faillite" et en collaboration avec André Lorulot "L'Église et la Guerre"

 

Quel parcours !

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* Les prêtres les plus connus, habités par le doute, devenus libres penseurs, athées ou rationalistes :

 

Jean Meslier

Celui qui voulait " pendre le dernier roi avec les boyaux du dernier prêtre"

En guise de biographie, je citerai simplement le titre complet du" MÉMOIRE" véritable quatrième de couverture avant la lettre. Tout est dans ce titre.

 

MÉMOIRE DES PENSÉES ET DES SENTIMENTS

DE

Jean Meslier

Prêtre, curé d'Etrépigny et de Balaives

sur une partie des erreurs et des abus

de la conduite et du gouvernement des hommes

où l'on voit

des démonstrations claires et évidentes de la vanité et de la fausseté

de toutes les divinités

et de toutes les religions du monde

pour être adressé

à ses paroissiens

après sa mort

et pour leur servir de témoignage de vérité à eux, et à tous leurs semblables.

 

 

Joseph Turmel   

voir sa bio à l'adresse suivante:

http://www.ledifice.net/7493-1.html

 

Georges Las Vergnas

Prêtre catholique français. Il a perdu la foi, est devenu libre penseur et a soutenu la thèse que Jésus n’a pas existé. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment " Pourquoi j’ai quitté l’Église romaine (1956) et Jésus-Christ a-t-il existé ? (1958).

 

Abbé Jules Claraz

Ancien prêtre catholique, vicaire à Saint-Germain-l'Auxerrois, l'auteur de La Révolution prochaine, est resté vingt ans dans l'Église, d'où il sortit en 1910. Avant de recouvrer le plein exercice de sa personnalité, il avait publié un Évangile social où l'on trouve déjà les préoccupations idéalistes, la raison généreuse qui ont animé toute sa vie. Devenu laïque, tout en demeurant clerc, il publie coup sur coup chez Flammarion : La Faillite des Religions, le Mariage des prêtres, le Confessionnal.(Ndr: il semblerait que la pratique du confessionnal a troublé plus d'un confesseur, au point qu'ils éprouvèrent le besoin d'écrire sur ce sujet)

 

Prosper Alfaric

Né en 1873 et mort en 1955. Prêtre, il se défroque à 32 ans, non sans avoir demandé conseil à Alfred Loisy sur les voies d’une reconversion. Loisy lui suggère l’enseignement et Alfaric fait une licence de philo, puis passe une thèse de doctorat préparée pour partie en Allemagne. Il obtient, en 1919, la chaire d’histoire des religions de l’université de Strasbourg qu’on venait de créer, ainsi que l'Institut d'Histoire des religions, dans l'intention non dissimulée « d'établir un contrepoids laïque à l'enseignement des deux facultés de théologie, maintenues dans l'université de Strasbourg par statut dérogatoire ». Dès son arrivée, il crée la bibliothèque de l'Institut qui compte rapidement plusieurs milliers d'ouvrages et reste en poste jusqu'en 1939. Après la guerre, après avoir pris sa retraite, il milite à la Ligue de l'enseignement et à l'Union rationaliste, qu'il présidera en 1955. Il fonde avec Georges Ory le cercle Ernest-Renan en 1949, voué à l'histoire des religions, à la critique biblique et à la recherche des origines du christianisme.

 

Et pour terminer, voici un petit florilège de citations glané au hasard de la lecture de ce livre autobiographique qui mériterait une réédition :

 

Le séminaire

 

Au Séminaire, on apprend pour ainsi dire jamais à croire, mais à faire semblant de croire.

 

Le Séminaire et est une usine anti-intellectuelle et faussement morale, où la conscience (Lumière et levier puissant de l’homme) est reléguée au rang des accessoires, certes non négligeables, mais incomparablement moins utiles et moins « éclairants » que la grâce, la grâce de Dieu.

 

Études religieuses ? Deux mots qui se contredisent.

L’étude ouvre sans cesse des horizons nouveaux. La religion est de nature statique, immobile, suffisante, rêveuse, intolérante, antipathique à la recherche et à l’étude sérieuse.

 

La foi

 

La foi religieuse est une maladie de l’esprit dont peu de personnes cherchent à se guérir.

 

Ami, méfie-toi toujours d’un homme devant qui la foi te demande de t’agenouiller.

Crois, si tu veux, mais ne sois jamais esclave.

 

Prier, c’est s’agenouiller sur sa conscience et sa dignité

 

Frayeur et religion pléonasme classique….

 

 

La misère et l’argent

 

Pour la plupart des gens d’Église et surtout de dirigeants d’Église, le verbe « souffrir » n’a aucun sens à l’indicatif présent et à la première personne. C’est tout l’art de la politique et de la religion.

 

Le coffre – fort est un trône ou un autel. Il est le super-dieu du clergé, l’esclave des païens, le roi des chrétiens.

L’argent voilà le catholicisme !

 

Pour le commun des mortels, mendier c’est troquer sa dignité contre des gros sous. Mais pour le prêtre, quêter n’est pas mendier.

 

Si la religion n’était pas un commerce, et rien que cela, il y a belle lurette qu’elle n’existerait plus.

 

Vendre du vent, du néant, sans crainte d’être poursuivi pour abus de confiance et d’escroquerie, n’est-ce pas un comble pour un commerçant ? Or, c’est le cas du prêtre.

 

Le paupérisme est une mine de profits ; entretenue jalousement par Rome afin de toujours agrandir son prestige et actualiser sa propagande.

Église  des pauvres : c’est en ces termes que le Vatican désigne sa richissime société financière. Ses administrateurs savent se payer comptant, tandis que les actionnaires ne touchent leur dividende qu’après leur mort.

 

Les abbés Pierre (Ndr : Maintenant on dit : ONG à caractère confessionnel) travaillent pour l’Église. Ils ne cherchent pas à faire disparaître la misère. Ils se servent du chantage capitaliste à la misère. Tant qu’il y aura de la misère et des gens qui n’auront pas la possibilité de vivre décemment, les prêtres seront rois. Ils vivent surtout du chantage à la misère.

La charité des prêtres ressemble au rhume de cerveau : on le donne et on le garde tout de même.

 

Victor Hugo nous a dit quelle était la divinité la plus réelle des ecclésiastiques : « l’argent voila leur Dieu ».

 

La messe

 

Les savants imitent les abeilles industrieuses. Quant aux prêtres, ils ressemblent aux frelons qui pompent, en bourdonnant, toutes sortes de sucs, mais sans jamais pouvoir en faire du miel…même lorsqu’ils célèbrent leur « sainte messe »

 

 

Libre Pensée

 

Grattez le cœur d’un prêtre, vous trouverez un païen, mais très abimé.

Avant  même qu’ils n’aient levé le petit doigt, les prêtres ne pensent pas à Dieu, mais Église. Et pour un prêtre, penser Église c’est penser à SOI, c’est penser fric, intrigues, orgueil fondé sur l’asservissement des civils à leurs farces. La véritable charité, le sacrement des sacrements n’est pas « le don de soi à Dieu ». Ce don est toujours intéressé, on pourrait l’appeler égocentrisme. La véritable charité, c’est le don de soi à l’humanité et, qui plus est, le don désintéressé, purement gratuit, le don à la mode de la Libre Pensée.

 

Plus que jamais, l’homme moderne et réfléchi se doit de lutter contre toutes les tyrannies  et les impostures. C’est pourquoi, en conscience, il doit avoir le courage de militer dans les rangs des adversaires de l’Église romaine et des religions, quelles qu’elles soient.  

 

Au précepte « tu ne tueras point » l’Église a toujours ajouté ces mots jésuitiques « sauf dans certains cas ». À partir de ce prétexte, l’agresseur a toujours la faculté de se disculper en criant : « Je suis la victime ».

O machiavélisme catholique !

 

La civilisation

 

La civilisation, c’est l’humanité qui reprend son cours détourné par la religion.

 

Conscience

 

La seule récompense que tu dois souhaiter et mériter à chaque instant de ta vie, c’est celle de ta conscience guidant ta pensée.

 

Quand l'avenir se rétrécit devant soi, le souvenir et le rêve sont les seuls débouchés qui vous restent.

 

 

La mort

 

« La religion, c’est l’opium du peuple », a dit Karl Marx.

C’est vrai. Mais n’est-il pas extraordinaire que si l’opium annihile toute ultime douleur, la religion catholique  ne  laisse pas de rendre insupportable l’heure de la vérité ? S’il y a une chose que les catholiques redoutent par-dessus tout, et bien plus que la maladie la plus grave, c’est l’extrême onction…

 

 

Il y a des gens qui meurent avant de décéder. Si beaucoup d’hommes ne meurent qu’au dernier moment, d’autres, qui prétendent avoir de l’esprit – ce qui est un comble – commencent à mourir vingt ans, trente ans, quarante ans et même plus, avant de rendre le dernier soupir.

Parmi eux, nous trouvons les religieux contempteurs de la vie.

 

La mort : que d’hommes ne savent pas vivre jusque là !

 

  (sources documentation LP06)

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