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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Documentation LP 06

Profitez de vos vacances pour redécouvrir ou découvrir Bertrand Russell, libre penseur historique, au travers de son livre réédité récemment:

 

“Le monde qui pourrait être“.

 

 

bertrand-russell_46727.jpgBertrand Russell, prix Nobel de littérature en 1950, aura été, sans conteste, l’esprit le plus universel de la première moitié du XXe siècle. On ne peut le comparer qu'à ce que fut Voltaire au XVIIIe siècle et Ernest Renan au XIXe siècle. Mathématicien, il a ramené les mathématiques à la logique; logicien, il a renouvelé la logique classique en en corrigeant les erreurs et en édifiant la logique des relations qu'Aristote et l'École avaient ignorée; philosophe, il a établi, à l'aide de sa méthode d'analyse logique, comment la plupart des problèmes métaphysiques sont dus à une mauvaise syntaxe du langage; historien des idées, il a établi comment les philosophes, les moralistes, les économistes sont à la fois effets et causes : effets des circonstances sociales de leur époque, causes de nouvelles croyances qui façonnent la politique et les institutions des âges futurs; éducateur, il a exalté les instincts créateurs qui conduisent à la joie et incitent à coopérer contre les instincts de possession qui conduisent à l'égoïsme et suscitent les antagonismes; réformateur, il a préconisé une organisation sociale qui favorise les premiers en détruisant les seconds ; sociologue, il a cherché comment concilier le besoin d'organisation qu'impliquent les sociétés industrielles avec la sauvegarde de la liberté humaine, et comment accommoder les techniques scientifiques, qui risquent de conduire à des régimes totalitaires, avec le respect des valeurs humaines qui seules donnent un prix à l'existence. Avec une ironie acérée, avec un humour bien britannique, dans une prose claire, incisive et brillante, il s'est élevé contre toutes les formes de bigoterie, de superstition et de fanatisme qui entravent le progrès humain.

 

Comme logicien, philosophe, historien, moraliste, sociologue, éducateur, Bertrand Russell a rencontré le problème religieux et il l’a examiné sous ses divers aspects. Il l'a fait avec l’entière indépendance d'un esprit uniquement soucieux de la vérité et du bien-être de l'humanité. Ce faisant, il s'est heurté, à diverses époques de sa vie, à l'hostilité des hommes d'Église, à la bigoterie des puritains, au conformisme des bien-pensants. Après l'achèvement de son œuvre monumentale, écrite en collaboration avec Alfred North Whitehead, les Principia Mathematica (1910-1913), Lord Russell, suivant l’exemple de son grand-père et de son père, songea à entrer au Parlement. Le British Sélection Committee, ayant découvert qu'il était libre penseur, l'en écarta, heureusement pour lui. En 1916, pour avoir critiqué la condamnation d'un objecteur de conscience à deux ans de hard labour, le Conseil de Trinity Collège le priva de la chaire qu'il occupait depuis 1910. Il fut finalement condamné à six mois de prison en 1918 pour un article de journal considéré comme subversif. Il employa ses loisirs forcés à écrire son Introduction to Mathematical Philosophy (1919), où il expose en langage vulgaire les résultats des Principia Mathematica. Ses idées sur la justice en temps de guerre (Justice in war-time, 1916) devaient finalement triompher, puisque le Military Service Act britannique, depuis 1916, admet l'objection de conscience comme motif d'exemption du service militaire.

 

La seconde guerre mondiale qu'il estima, à la différence de la première, totalement justifiée de la part des Alliés, le surprit à l'Université de Californie aux États-Unis. Nommé peu après à City Collège à New York, sa nomination fut annulée dans des conditions scandaleuses, à la suite de l'action en justice d'une mère de famille qui, ayant lu son livre Mariage et Morale, l'accusait, comme Socrate, de corrompre la jeunesse.

 

Cette pénible histoire montre combien le fanatisme des gens de l'Église, protestants ou catholiques, qui ne reculent devant aucun procédé déloyal, même au prétoire, est toujours prêt à renaître quand il n'est pas contenu par le pouvoir civil et la vigilance des esprits libres.

 

De retour en Angleterre, Bertrand Russell s'oppose farouchement à l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins militaires. Son prix Nobel de littérature en 1950 ne l'empêche pas de continuer ses combats (contre la guerre du Vietnam, "tribunal international" contre les crimes de guerre avec Jean-Paul Sartre). Il est même arrêté à l'âge de 89 ans lors d'une manifestation contre la bombe atomique.

 

Engagé en faveur de l'humanisme et de la libre pensée, il se dit philosophiquement agnostique et athée en pratique. Pour lui, on ne peut pas prouver l'existence de Dieu ou des dieux, mais il est fortement convaincu de leur inexistence.

 

Bibliographie : Problèmes de philosophie (1912), Principia mathematica (avec A.N. Whitehead, 1913), Vers la liberté : le socialisme, l'anarchie et le syndicalisme (1918), Introduction à la philosophie des mathématiques (1919), Analyse de l'esprit (1921), ABC de la relativité (1925), Ce que je crois (1925), Pourquoi je ne suis pas chrétien (1927), Les mœurs et principes moraux (1929), Le mariage et la morale (1932), La conquête du bonheur (1930), Éducation et ordre social (1932), Histoire de la philosophie occidentale (1946), La connaissance humaine, son but et ses limites (1948), L'impact de la science sur la société (1952), Religion et science (1957).

                                                                  (d'après Louis Rougier)

 

L'Anglais 

qui aimait la justice 

On réédite "Le monde qui pourrait être", du philosophe Bertrand Russell. Un traité en faveur du syndicalisme 

révolutionnaire. par sébastien lapaque 

 

Chez sont compatriote Bertrand Russell (1872-1970), prix Nobel de littérature en 1950, Georqe Orwell décelait « un tour d'esprit essentiellement marqué par la probité, par une sorte d'intelligence chevaleresque qui est infiniment moins répandue que la simple intelligence». Russell était un tory, mais il aimait !a justice. On le découvre avec la réédition du Monde qui pourrait être, un traité politique paru en 1918, au sortir du premier grand carnage industriel du XXe siècle. Publié en France en 1973, cet ouvrage avait été traduit par Maurice de Cheveigné, héros de la France libre et radio de Jean Moulin. Consacré aux différentes variantes du socialisme d'avant 1914 (marxisme, social-démocratie, anarchisme. anarcho-syndicalisme), il trouve une actualité inattendue au moment où les socialistes français prônent le«pragmatisme» et «l'étapisme» dans des réformes de moins en moins contraignantes pour le capital. Observant le parcours d'Alexandre Millerand, de Georges Clemenceau et d'Aristide Briand, Bertrand Russell constate qu'un «grand nombre d'hommes politiques français qui sont parvenus au pouvoir ont commencé leur carrière sous la bannière socialiste et l'ont terminée, dans bien des cas, en utilisant la troupe pour écraser les grévistes ».

 

On peut en sourire, mais les conséquences de ces itinéraires opportunistes sont dramatiques : « Leur effet cumulatif a été de produire, chez les salariés français conscients de la lutte des classes, un certain cynisme envers la politique. » Dans la France de 2014, ce cynisme, frère du désespoir, a deux visages : l'abstention et le vote Front national. Etranger à toute forme de tentation étatiste ou totalitaire, l'élégant Bertrand Russell suggère d'en revenir à des « formes moins autoritaires parmi les premières doctrines socialistes».

 

L'anarchisme pur de Bakounine lui paraissant chimérique, l'Anglais cherche une utopie porteuse d'avenir dans le syndicalisme révolutionnaire, qui tourne le dos aux manœuvres du socialisme politique, pour imposer le programme de la première CGT : éducation sans privilèges de classe, réduction de l'éventail des revenus, contrôle strict de la monnaie et de sa circulation, propriété collective des outils de travail, priorité accordée aux biens étrangers à l'économie. Chiche ?

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