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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Documentation LP 06

Fidèle à sa tradition pacifiste, internationaliste, la LIBRE PENSÉE mène le combat pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.


Elle poursuit ainsi la lutte menée par les familles, par les associations d’anciens combattants, par la ligue des Droits de l’Homme, dès la fin de la guerre de 1914-1918.
Mais aujourd’hui, en 2016, le mot réhabilitation n’a toujours pas été prononcé par les autorités de l’État. Cela ne saurait satisfaire toutes celles et tous ceux qui souhaitent qu’on rende leur honneur à ces hommes qui sont tombés sous des balles françaises.
Ce n’est pas par goût du passé que la LIBRE PENSÉE commémore chaque année, devant l’un des monuments pacifistes de notre département, ces hommes morts il y a un siècle. C’est parce qu’elle rejette la guerre, celle de 14-18, avec ses millions de morts et de blessés, ses millions d’obus et ses milliards de cartouches. C’est parce qu’elle rejette les guerres, celles d’hier et celles d’aujourd’hui.

Pour illustrer l’absurdité de la situation des Fusillés pour l’Exemple,
Voici l’extraordinaire histoire du soldat François WATERLOT

Nous sommes le 5 Septembre 1914. La guerre contre l'Allemagne vient d'être déclarée (3 août) et les armées françaises sont déjà soumises à rude épreuve. Les premières semaines de guerre furent extrêmement violentes et meurtrières. C'est dans ce contexte que deux régiments côte à côte (le 327ème et le 270ème d'infanterie) doivent se replier de nuit dans un certain désordre. Sept hommes du 327ème (dont le soldat Waterlot) perdent le contact avec leur unité et se retrouvent au petit matin avec des éléments du 270ème.

Le général ( 2 ) commandant le secteur n'a pas apprécié ce repli et ordonne l'arrestation des sept soldats. Ceux-ci brisés de fatigue s'endorment sans se douter du sort funeste qui les attend le lendemain.
À ce moment-là les généraux sont tout puissants et en ces jours de féroces batailles aucun fléchissement de la troupe n'est admissible. Il faut un exutoire au commandement et la décision de fusiller ces malheureux vient d'en haut. Point de cour martiale, point de jugement, aucune explication, il faut vite un exemple pour impressionner les troupes.
Ils vont être exécutés sur le champ. On imagine les cris de désespoir et de douleur de ces hommes qu'on aligne contre des bottes de foin et devant un peloton d'exécution où ils reconnaissent pour certains des camarades de combat. Un ordre bref, les fusils crachent la mort et les sept martyrs tombent sous les balles françaises. L'adjudant chargé du coup de grâce ne fit usage de son arme qu'à deux reprises n'ayant pas le courage d'aller au bout de son sinistre travail.

FUSILLÉS pour l’EXEMPLE : les raisons d’un combat séculaire !

L'histoire, tragique comme il y en eut hélas tant d'autres par la suite, aurait pu s'arrêter là. Mais non, le lendemain quelle ne fut pas la surprise des hommes du 370ème de voir venir à eux leur camarade Waterlot vivant mais méconnaissable, vieilli en une nuit de dix ans par la terrible épreuve qu'il venait de subir. Il avait fait le mort sous ses camarades écroulés et s'était enfui comme un fou dès qu'il n'y eut plus personne alentours. On n'eut pas le courage de le fusiller à nouveau et il fut gracié. Peu de jours après il remonta en ligne et fut blessé mais refusa d'être évacué.


Épilogue : François Waterlot n'était ni un lâche ni un déserteur. Il trouva la mort sur son chemin le 10 juin 1915, broyé par un obus dans le secteur d'Hébuterne (Marne), laissant dans la douleur une veuve et un orphelin. ( 3 )


(D’après « Les damnés de la guerre » de Roger
Montclin)

2 - Le général Bouetegourd sera fait Grand Officier de la Légion d’Honneur

3 - François WATERLOT et ses six compagnons d’infortune furent réhabilités le 22.12.1926 – Il reste à ce jour 639 « Fusillés pour l’exemple » au cours de la Première Guerre Mondiale qui n’ont pas été réhabilités !

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