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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Communiqués nationaux

A Soissons dans l’Aisne, sur la ligne de front, s’est tenu le Colloque de la Libre Pensée les 13 et 14 décembre 2014, sous la Présidence de Nicole Aurigny (Présidente de la Libre Pensée de l’Aisne). Dans une salle de conférence pleine d’un public attentif, les participants ont entendu les communications du général André Bach, de l’ancien Grand Maître du Grand Orient de France Jacques Lafouge, de Remy Cazals (historien), les interventions de David Gozlan (Libre Pensée), de Maurice Montet (Union Pacifiste de France), de René Hartmann (Président de l’Association Internationale des Sans-Confession et Athées d’Allemagne).

 

Jean-Marc Schiappa (Président de L’Institut de Recherche et d’Etude de la Libre Pensée), Georges-André Morin (Fédération nationale de la Libre Pensée) et Pierre Roy (Président de la Fédération nationale laïques des Associations des Amis des Monuments pacifistes) ont fait un réquisitoire historique contre les généraux Joseph Joffre, Ferdinand Foch et Roger-Georges Nivelle

 

A deux reprises, le public intéressé a pu largement intervenir dans le débat. Le journal L’Union a très correctement rendu compte du procès symbolique en titrant en première page : « Trois généraux de la Grande Guerre jugés ».

 

David Gozlan (Secrétaire général de la Libre Pensée) a lu l’Appel à souscription pour un Monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale. Il sera publié prochainement.

 

Christian Eyschen (vice-Président de la Libre Pensée) a prononcé la sentence du jugement symbolique des généraux assassins. Il a été approuvé unanimement par les participants du colloque, transformé pour un temps en Tribunal symbolique. »

À noter la présence à ce colloque de notre camarade Jean qui a agrémenté les débats de quelques airs de saxo.

	 La justice humaine est en marche : Les généraux assassins ont été reconnus coupables par le Tribunal symbolique de la Libre Pensée ! Les Fusillés pour l’Exemple de 1914-1918 seront réhabilités !
La tribune

La tribune

 

Sentence solennelle du Colloque de Soissons (13 et 14 décembre 2014) sur les Généraux fusilleurs et assassins :

 

Coupables !

 

 

Les participants du Colloque de la Libre Pensée à Soissons ont entendu les différentes communications sur le rôle et l’action des Généraux de l’armée française qui ont fait fusiller ou couvert le meurtre « légal » de 639 Fusillés pour l’exemple durant la Première Guerre mondiale.

 

Ils ont entendu les interventions de la Libre Pensée, de l’Union Pacifiste de France et de l’Association Internationale des Athées et sans confession d’Allemagne.

 

Ont été versés à la connaissance des participants les articles détaillés parus dans la Raison , revue de la Libre Pensée, sur les généraux Joseph Joffre, Charles Mangin, Roger Georges Nivelle, Louis Felix d’Esperey, Louis Comby, Ferdinand Foch, Emile Fayolle, Philippe Pétain.

 

A été aussi versé au débat l’ensemble des ouvrages portant sur cette question, notamment ceux du général André Bach et de Rémy Cazals dont les communications ont été lues au cours du colloque.

 

De tous ces documents, il ressort clairement que l’État-major, devant la débâcle provoquée par l’avancée des armées allemandes en août 1914, a eu des consignes claires du gouvernement civil pour entreprendre tout ce qu’il souhaitait pour empêcher les troupes françaises de reculer.

 

Couvert par le gouvernement de l’époque, les généraux ont eu ainsi les mains libres pour organiser la terreur contre les soldats. Cette démission des pouvoirs politiques a permis aux gradés de commettre un véritable bain de sang avec le sang des soldats français.

 

Au début de la guerre furent ainsi créées les cours martiales dénommées « Conseils de guerre spéciaux » . C’est ainsi que 6 000 soldats passèrent devant ces juridictions d’exception, 2 500 furent condamnés à mort et 639 fusillés pour l’exemple. Devant le scandale ainsi provoqué :  « On tue des soldats français avec des balles françaises sur le front »  (le député Pierre Brizon), le pouvoir politique, sous la pression notamment du député de l’Aube Paul Meunier, amoindrit le pouvoir de l’État-major pour revenir à une justice militaire plus classique.

 

Néanmoins, durant toute la durée du conflit, ce furent 195 000 soldats dont 35 000 officiers qui passèrent devant les Conseils de guerre. Ce fut une véritable tourmente judiciaire. Pas un régiment, pas une troupe, pas un corps d’armée ne fut épargné par la vindicte des généraux.

 

Les généraux ont utilisé pour cela le Code de Justice militaire qui bafouait les droits des citoyens sous l’uniforme. Celui-ci indiquait : « L’instruction pourra être aussi sommaire qu’on le jugera convenable et les formalités ordinaires ne seront remplies que si on a le temps de les appliquer ». C’était un véritable permis de tuer qui autorisait les généraux à faire ce que bon leur semblait. La vie des soldats n’avait strictement aucune importance pour eux.

 

Mais, même ce Code de Justice Militaire devait être de trop pour les généraux. Celui-ci ne prévoyait pas les exécutions « pour l’exemple », ni les sanctions pour les « mutilations volontaires » qui n’avaient donc aucune existence légale, car ne reposant sur aucune notion de droit. Et que dire des exécutions sommaires qui ont été très nombreuses et faites en violation flagrante des dispositions légales.

 

Personne n’avait le droit dans ce pays, à cette époque, de tuer quelqu’un sans que cela ne soit prévu par la loi et décidé par une Cour de justice. Sur le terrain, le Code de Justice Militaire prévoyait de pouvoir « forcer l’obéissance », par tous les moyens, mais cela justifiait-il les exécutions sommaires ? Avec les généraux en guerre, c’est la loi de l’arbitraire le plus total et la barbarie la plus sauvage qui remplaçaient la loi des Hommes.

 

Comment ne pas partager ce que disait le grand écrivain, libre penseur, Anatole France : « Il y a longtemps que nos codes militaires, avec leur appareil de mort, ne se devraient plus voir que dans les musées des horreurs, près des clefs de la Bastille et des tenailles de l’Inquisition ».

 

Les généraux sont coupables devant la loi,
hier comme aujourd’hui

 

L’Article 221-1 du Code pénal indique : « le fait de donner la mort à autrui constitue un meurtre ».

 

L’Article 221-3 stipule : « Le meurtre commis avec préméditation ou un guet-apens constitue un assassinat ». Les témoignages devant l’Histoire montrent qu’un nombre conséquent de généraux ou d’Officiers de haut rang ont indiqué à leurs subordonnés : « Il faut faire un exemple. Fusillez-en moi quelques-uns. Débrouillez-vous pour trouver les soldats et cherchez dans le Code de Justice Militaire (CDJM) les articles nécessaires ». Dans la plupart des cas, il y a eu préméditation du crime, donc assassinat volontaire.

 

L’Article 221-4 poursuit : « Le meurtre est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est commis :


....... 3e- Sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de son auteur ». Combien de soldats ont été fusillés en état de Shell Shock que l’on appelait à l’époque l’obusite ? Dans un état de commotion visible, incapables de se défendre et de s’expliquer, ils ont été jugés sommairement et conduits ensuite devant les pelotons d’exécutions.

 

L’Article 121-7 précise le délit de complicité : « Est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation. Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre ». Combien de Conseils de guerre ont été littéralement sommés par l’Officier de Haut-Rang de décider la mort par fusillade comme sentence ?

 

L’Article 213-4-1 rajoute : « Sans préjudice de l’application des dispositions de l’article 121-7, est considéré comme complice d’un crime visé par le présent sous-titre commis par des subordonnés placés sous son autorité et son contrôle effectif, le chef militaire ou la personne qui en faisait fonction, qui savait ou, en raison des circonstances, aurait dû savoir que ces subordonnés commettaient ou allaient commettre ce crime et qui n’a pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour en empêcher ou en réprimer l’exécution ou pour en référer aux autorités compétentes aux fins d’enquête et de poursuites »

 

Il est incontestable que l’État-major était au courant des conséquences de ses propres « recommandations » pour les Conseils de guerre spéciaux et « normaux » à partir de 1916. L’État-major a couvert les crimes des généraux et Hauts-Officiers, ils ont couvert du manteau de Noé les crimes commis à leur instigation. Pas un maréchal, pas un général, pas un Officier de Haut-Rang n’a eu à répondre de ces actes meurtriers, crimes ou complicité de crimes. Ils ont conduit des centaines d’hommes devant les pelotons d’exécution pour une mort certaine. Ils ont presque tous finis tranquillement leur vie au fond de leur lit.

 

Voici la vérité pure, simple, brutale et barbare :
Les généraux sont coupables !

 

On nous rétorquera que les articles du Code pénal que nous citons sont ceux d’aujourd’hui et non ceux de l’époque et qu’il ne peut y avoir de rétroactivité en matière pénale. Nous répondrons que c’est vrai uniquement si cela doit aggraver les peines et non les alléger. La peine de mort ayant été supprimée, on peut symboliquement appliquer le Code pénal de notre époque.

 

Ce n’est que sous le gouvernement de Philippe Pétain (un des généraux fusilleurs) entre 1940 et 1944 que la rétroactivité pénale aggravée a existé. Même s’il ne serait que justice d’appliquer à Pétain ses principes réactionnaires, la Libre Pensée entend conserver une position de principes démocratique et républicain.

 

Comment ne pas reprendre les phrases du journal L’Eclaireur du Mâconnais en 1926 qui, à propos des 4 caporaux de Souain (affaire Théophile Maupas), dénonçait les juges de la Cour de Cassation, qui refusaient obstinément de réhabiliter les Fusillés pour l’exemple : « Rien, vous ne savez rien, vous n’êtes pas allés à la guerre, vous n’avez pas connu le cauchemar des tranchées, le calvaire des assauts, l’épouvante des nuits noires dans la boue et l’écrasement des obus… Et vous voulez juger les hommes qui, dans cet enfer, ont peut-être été las un instant ? Vous êtes pires que ceux qui les ont fait fusiller. Ils sont réhabilités depuis longtemps par leurs compagnons de misère, par les autres sacrifiés qui ont réussi à revenir. Ils sont réhabilités par le pays . C’est la justice qui se condamne ».

 

Pour tous ces faits, analyses et arguments, le Colloque de Soissons déclare coupables de meurtres, d’assassinats et de complicités dans ces crimes, les généraux qui ont décidé et/ou couvert les 639 fusillades pour l’exemple de 1914-1918.

 

Ces généraux sont à jamais maudits et flétris par la conscience humaine. Ils furent des assassins et l’Histoire retiendra leurs crimes à tout jamais.

 

En faisant ainsi, nous œuvrons à la fois pour l’Histoire et aussi pour l’avenir. Si la loi de Robert Badinter de 1982 a fort heureusement abrogé les Tribunaux Permanents des Forces Armée, juridiction d’exception, elle ne le fit que pour les temps de paix. Si la guerre revenait, alors nous pourrions connaître à nouveau ces temps de barbarie militariste. Rappelons que la conscription n’a pas été abolie, elle n’a été que suspendue. En cas de conflit majeur, elle sera rétablie à coup sûr. Il nous faut protéger les nôtres.

 

La République réhabilitera collectivement les 639 Fusillés pour l’exemple.
C’est l’hommage que nous leur devons.

Maudite soit la Guerre ! Maudits soient les généraux assassins !
Réhabilitation collective des 639 Fusillés pour l’exemple de 1914-1918 !

Soissons, ligne de front, le 14 décembre 2014

 

              NIVELLE niveleur ?......    Non fusilleur !!!

NIVELLE niveleur ?...... Non fusilleur !!!

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