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Fédération de la Libre Pensée des Alpes-Maritimes

Association de recherche philosophique et d'action sociale - Adhérente à la fédération nationale de la Libre Pensée - Ni dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !

Publié le par librepensee06.over-blog.com
Publié dans : #Actualités régionnales

MARSEILLE, il existe un restaurant pas tout à fait comme les autres : l'Eau Vive, à Notre-Dame de la Garde. Il est tenu par les « Travailleuses missionnaires de l'Immaculée » dont l'amabilité est vantée dans les guides tou­ristiques. Mais voilà, chaque médaille a son revers, et ces restaurants (ils portent tous le même nom mais ils ne sont pas franchisés ou pas encore) risquent aussi de devenir célèbres pour la manière dont sont traitées les travailleuses qui servent avec tant d'amabilité.

 

L'esclavagisme des temps modernes

L'Église si prompte à inventer des proverbes comme « ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas ce que l'on te fasse » a du mal à se les appliquer et elle fait justement à autrui ce qu'elle ne voudrait pas subir. Ces pauvres esclaves, appellation plus conforme à leur situation (il faut appeler un chat : un chat), n'ont ni papiers, sauf un visa temporaire de missionnaires, ni sécurité sociale. Et en prime elles travaillent pour 10 à 15 euros par mois : elle n'est pas plus belle la vie comme ça ? Ces jeunes esclaves sont généralement d'origine asiatique ou africaine et la méthode de recrutement ressemble fort à celle qu'utilise les mafias des ex-pays de l'Est pour recruter les prostituées que l'on retrouve partout en Europe et dans le reste du monde. Mais à la différence de l'Église, la mafia est combattue par toutes les polices du monde, enfin normalement. Ces travailleuses, elles, sont recrutées alors qu'elles sont mineures et sont appâtées entre autre par la promesse d'une formation en Europe, qui dure six ans dans les différentes cafétérias de la « Famille Donum Dei », « l'employeur » de ces jeunes filles.

 

Quant aux horaires de travail, ils ont de quoi faire saliver d'envie tout le patronat mondial, de 5H30 du matin, jusqu'au soir après le service (quand il y a service du soir). Je parie qu'il n'y a pas de pointeuse dans ces restaurants. Aucun droit ne leur est accordé, ni celui de parler ni d'être malade ou fatiguée. Et je ne vous parle pas de la technique qu'ils ont pour éviter les inspecteurs du travail. On se croirait dans un mauvais polar dont le titre pourrait être : « Nom de code : banane flambée » (personnellement je préfère « Orange mécanique »). Une fois ce nom de code prononcé, les filles se cachent car l' inspecteur arrive.

 

Si ne n'était pas si triste pour ces jeunes filles, on pourrait en rire.

 

Le plus dur pour ces jeunes filles, c'est tenter de quitter la « communauté » et oui pas facile car comment faire quand on n'a pas de papiers, pas d'argent et que l'on ne connaît personne ? Une ancienne membre témoigne qu'elle a rejoint cette « communauté » à 14 ans, et lorsqu'elle a dû se faire opérer d'un fibrome il ne lui a pas été possible de faire une convalescence alors qu'elle ne pouvait pas tenir debout : la charité chrétienne m'étonnera toujours, mais ne dit-on pas que l'« oisiveté est mère de tous les vices » ? Une autre lance au journaliste qui l’interroge « Ne dites pas mon nom, je me suis enfuie ». Encore une autre « J'ai passé 13 ans de ma vie chez les TM et je n'ai jamais pu payer un sac de riz à ma mère ». Voir un médecin oui mais jamais seules, toujours accompagnées d'une responsable, et le reste des témoignages est à l'avenant.

 

Et qu'a fait la hiérarchie catholique après avoir reçu le livre noir de l'Avref-dénonçant cette situation ? Comme d'habitude, d'un côté elle applique la politique de l'autruche « nous attendons de voir comment réagir » et de l'autre dénonce des imprécisions, des incohérences, etc. : la bonne vieille tactique du dénigrement. Ce qui est proprement ahurissant, c'est que le remord ne les étouffe pas une seule seconde, il vrai qu'il suffit de se rapporter à certains chapitres de la Bible pour connaître le sort réservé aux esclaves3, parce que c'est vraiment ce qu'elles sont.

Des employées payées cinquante centimes d'euros par jour pour plus de 10 heures de travail, qui n'ont quasiment aucun droit même pas celui de parler et à peine celui de voir un docteur, voilà un programme qui ferait un tabac au MEDEF.

■ Hervé Maitte

1 Proverbe qui s 'appelle aussi Règle d'or Cela ne vous dit rien ce terme de règle d'or ?

2  Association d'aide aux victimes des dérives dans les mouvements religieux.

3  Je vous conseille d'aller sur cette page pour voir ce que pensent certains culs-bènits de l'esclavage dans les temps anciens : cela vaut le détour : : http://www.golquestions.
org/Francais/Bible-esclavage.html

 

Sources: "L'impertinent n°77" - Le Journal des Libres Penseurs des Bouches-du-Rhône

 

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